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Interview vidéo de Viktor Orbán dans l’émission Soirées d’Egerszeg de la télévision de Zalaegerszeg

Márta Frauenhoffer : Je souhaite la bienvenue à nos chers téléspectateurs ! Bonsoir à toutes et à tous ! Zalaegerszeg a été aujourd’hui le théâtre d’un événement exceptionnel, dont le Premier ministre de Hongrie a d’ailleurs parlé dès tôt ce matin. En effet, il est venu ici, à Zalaegerszeg, pour inaugurer le hall de production Next Gen, la nouvelle unité de fabrication de Flex. Il s’agit d’un investissement réalisé sur 10 000 m², avec le soutien du gouvernement hongrois. Après l’inauguration, le Premier ministre a rencontré les dirigeants de la ville à l’hôtel de ville et nous avons maintenant l’occasion de réaliser une interview avec lui. Bonsoir, Monsieur le Premier ministre, et merci d’avoir accepté notre invitation ici, dans la salle de réunion de l’hôtel de ville.

Bonsoir ! C’est une journée bien chargée, mais merci pour cette occasion de m’entretenir avec vous.

Monsieur le Premier ministre, vous êtes déjà venu à plusieurs reprises à Zalaegerszeg, toujours à l’occasion d’événements majeurs. Cette fois, quelle est l’ampleur de l’investissement que représente cette nouvelle unité de production de Flex ? Vous avez écrit tôt ce matin sur votre page communautaire que c’était un grand jour pour Zalaegerszeg.

Écoutez, nous parlons ici d’un investissement d’importance nationale, qui a donc un poids considérable pour l’économie tout entière ; son importance locale en est d’autant plus grande. Flextronics est une société enregistrée à Singapour, mais en réalité une entreprise américaine, implantée depuis longtemps en Hongrie, avec, disons-le, un parcours largement couronné de succès. C’est un fabricant de produits électroniques dont la gamme est très large ; quoi qu’ils produisent, leurs produits figurent toujours dans le peloton de tête au niveau mondial. Ici, rien n’est de seconde zone, rien n’est fait avec des machines usées venant d’ailleurs : tout est toujours à la pointe mondiale. Et c’est encore le cas aujourd’hui, je m’en suis personnellement assuré. La technologie installée ici, à Zalaegerszeg, figure parmi ce qui se fait de mieux dans le monde. Il n’y a pas mieux aujourd’hui. Dans ce domaine, dans ce type d’industrie, dans ce secteur industriel, il n’existe aujourd’hui dans le monde aucune usine plus avancée sur le plan technologique que celle qui a été créée ici, à Zalaegerszeg. Entre 95 et 96 % des produits fabriqués ici sont exportés. Flextronics, c’est plus de 6 000 emplois en Hongrie, ce qui représente autant de familles, dont 4 000 rien qu’ici, à Zalaegerszeg. Si cette usine n’était pas implantée à Zalaegerszeg, elle manquerait cruellement : non seulement dans le budget de la ville, mais surtout pour ces 4 000 personnes, ces 4 000 employés hautement qualifiés, qui n’auraient pas de travail ici. Flextronics est donc une entreprise stratégique pour l’avenir de Zalaegerszeg. Les gens y sont sympathiques. Je me réjouis que l’usine soit désormais dirigée par des responsables hongrois, et je me réjouis également que le directeur général, ou ce que l’on appelle, dans ce monde compliqué, le directeur général adjoint global, ait clairement dit que la raison décisive de leur implantation en Hongrie, ce sont les gens : les ouvriers, les ingénieurs qui travaillent dans l’usine, et les personnes qui gravitent autour. La Hongrie est un pays accueillant, ouvert, où ils sont venus volontiers et où ils souhaitent continuer d’investir. Il s’agit peut-être du plus grand développement international présenté par Flextronics ces dernières années. Et puisque tout ce qui est produit ici est lié à la modernisation de l’industrie automobile : électromobilité, transition vers les hybrides et les véhicules électriques, on peut affirmer qu’il ne s’agit pas d’un projet à court terme. Ce site restera durablement, il produira, et fournira des composants indispensables à la prochaine génération de véhicules. Ainsi, ce n’est pas seulement un bel investissement qui a vu le jour : ce sont des emplois assurés pour de très nombreuses années, voire pour des décennies.

Elle crée en même temps de nouveaux emplois ici, dans la ville. Flex était déjà l’un des plus grands employeurs de Zalaegerszeg, et cette implantation élargit encore sa présence. Et il ne faut pas oublier non plus que le gouvernement hongrois a soutenu cet investissement.

J’ai parlé avec certains des employés. Ce sont des personnes vraiment aimables et sympathiques. Tous ceux avec qui j’ai échangé étaient des gens qualifiés ; je le dis souvent, mais la majorité des salariés de l’usine sont hautement qualifiés : techniciens ou ingénieurs. Et, vous savez, lorsque je me rends quelque part, je regarde le salaire moyen, je regarde comment cela se compare à la moyenne nationale : j’aime les choses concrètes, factuelles. Dans cette usine, les personnes qui vont travailler gagneront un revenu qui s’approche, et peut-être même atteint, la moyenne budapestoise. Ce qui, habituellement, n’est pas le cas quand on compare la capitale au reste du pays. Mais ici, dans cette usine, les salariés percevront un niveau de revenu équivalent à celui de Budapest.

Alors oui…

Oui, nous avons apporté un soutien financier. Oui, c’est le rôle du gouvernement d’appuyer de tels investissements, car sinon : où les gens travailleraient-ils ? Et comment la Hongrie disposerait-elle de technologies de pointe, au niveau mondial, si ce n’était grâce à la coopération avec de grands groupes comme celui-ci ? Flextronics a aussi sa propre histoire, comme tous les secteurs. Au début, ils s’implantent pour produire : c’est ce qui leur permet de sonder le terrain. Ils regardent si les ouvriers sont sérieux, si la main-d’œuvre est disciplinée, si l’on peut compter sur elle, s’il existe une capacité intellectuelle suffisante, si le cadre réglementaire est favorable, si le gouvernement est hostile ou accueillant. Ils explorent tout cela. Ils produisent une ou deux années. Ensuite, ils commencent à transférer des services, puis des innovations technologiques, puis des développements, et finalement la recherche. C’est un cheminement à suivre étape par étape. Et avec cette entreprise, nous sommes déjà bien avancés : nous avons franchi plus de la moitié des étapes et nous continuons de progresser, jusqu’à atteindre le plus haut niveau. Aujourd’hui, l’usine emploie quasiment exclusivement des techniciens et des ingénieurs. L’installation est robotisée. Je ne suis naturellement pas un spécialiste, mais même pour quelqu’un comme moi, qui ne s’y connaît pas, le niveau technologique qu’elle représente est impressionnant. Les personnes qui travaillent près de ces machines, qui les font fonctionner et qui les contrôlent, pourraient effectuer ce travail n’importe où dans le monde. Quelqu’un qui tient ce poste ici pourrait sans difficulté travailler à Los Angeles, Tokyo, Shanghai ou Berlin : c’est le niveau de qualification de ces employés.

Monsieur le Premier ministre, vous êtes venu plusieurs fois à ZalaZONE et dans sa région ; vous avez pu constater que, ces dernières années, ce parc industriel nord s’est considérablement rempli. Je ne voudrais pas paraître trop gourmande, mais peut-on s’attendre à d’autres investissements majeurs, comme l’annonce faite aujourd’hui par Flex ?

Regardez, toute l’histoire de ZalaZONE est passionnante. Au départ, je n’y aurais pas mis un sou, et si le ministre Palkovics n’avait pas été un tel passionné, un tel défenseur de sa région, cela n’aurait jamais vu le jour. C’est lui qui a imaginé tout le concept de la piste d’essai, et lui qui a pensé qu’on pourrait l’implanter dans en Zala. Je lui ai dit : « László, je connais Zalaegerszeg, il n’y a ici aucun précédent pour cela. Il y a beaucoup de choses, depuis l’usine laitière jusqu’à… je connais un peu la vie économique de cette ville, mais une telle structure, non. » Pour moi, créer cela à partir de rien semblait sans espoir. Il m’a répondu que je me trompais, que c’était possible, et il m’a demandé de lui confier le projet, ce qu’il a obtenu, en devenant commissaire du gouvernement, et il m’a assuré qu’il le réaliserait. Bien sûr, il a demandé régulièrement des financements, davantage que ce à quoi je m’attendais, mais peu importe : l’essentiel est qu’il l’a bel et bien fait. Pour moi, c’est la preuve qu’il n’existe pas que les atouts naturels d’un pays : même là où l’on ne voit pas d’atouts, si une personne déterminée est prête à consacrer quelques années de sa vie à un projet, elle peut accomplir un exploit à partir de rien. ZalaZONE se tient aujourd’hui au milieu de nulle part, là où il n’y avait que des champs de maïs, je ne me souviens plus exactement, mais c’est ce dont j’ai le souvenir lors de ma première visite. À présent, nous négocions sur des développements dans l’industrie de défense, et j’espère avec succès, ce qui permettra de continuer à étendre les capacités industrielles du site.

Notre député à l’Assemblée nationale le répète souvent : la piste d’essai agit comme un véritable aimant pour les investisseurs, et il est vrai que le parc se remplit peu à peu.

La dernière fois que je m’y suis rendu, Bosch y était également présent, donc oui, ça avance. Finalement, le ministre Palkovics avait raison : c’était faisable.

La partie économique est donc en bonne voie. Et tout récemment, pour être précis, la semaine dernière, il a été publié dans le Journal officiel de Hongrie qu’il faut s’attendre aussi à des développements majeurs dans le domaine de la santé, ici à Zalaegerszeg. Les travaux du nouveau bloc de médecine interne pourront commencer, un investissement de près de 10 milliards, sur le terrain de l’Hôpital Saint Raphael du comitat de Zala. L’annonce est parue, la décision figure dans le Journal officiel. Monsieur le Premier ministre, quand peut-on espérer le lancement de ce développement à Zalaegerszeg ?

Nous arrivons à la fin d’un cycle : selon la Constitution, les élections auront lieu en avril–mai 2026. Quatre ans auront passé, il faut rendre des comptes, et je viens moi-même régler mes engagements. Nous nous sommes donc assis avec Monsieur le Maire et avons passé en revue ce que nous avions promis, ce que j’avais personnellement promis, ce qui a été accompli et ce qui ne l’a pas été. La santé en fait partie, mais cela s’inscrit dans un ensemble beaucoup plus large. Et l’inventaire que nous avons dressé est mitigé. J’avais fait un engagement personnel : intégrer toutes les villes de droit comital au réseau national des voies rapides et des infrastructures routières. Nous en avons terminé avec cela à peu près partout, sauf ici, à Zalaegerszeg. Il y a des raisons à cela. La première décision que nous avions prise n’était pas bonne, il faut le reconnaître : j’avais cru que c’était réalisable techniquement, mais nous avions envisagé de faire passer l’autoroute, ou la voie rapide, sur pilotis, à travers le Petit Balaton. Ce n’était pas une bonne idée. Nous avons bien fait, je pense, de l’abandonner. Mais cela n’aide pas Zalaegerszeg pour autant. C’est pourquoi, avec le Maire, en présence du ministre Lázár, responsable du domaine, et qui apporte aussi les financements, nous sommes convenus de relier Zalaegerszeg au réseau des voies rapides par deux directions : au nord et au sud. Puisque l’autoroute sera construite en concession sur l’axe Szombathely–Körmend, nous lancerons une nouvelle concession, distincte de celle-ci, pour relier Körmend à Zalaegerszeg. Et probablement pas en concession, mais nous réaliserons également la liaison venant du sud, depuis Nagykanizsa, pour connecter Zalaegerszeg au réseau de voies rapides. Cela, c’est réglé. Concernant la route 76, que nous ne pouvons élargir sur toute sa longueur à cause du Petit Balaton, nous avons identifié les tronçons qui seront élargis à trois ou quatre voies. J’avais promis de finir cela durant ce cycle, ce n’a pas été possible, nous avons dépassé l’échéance. Mais l’objectif n’est pas abandonné. Cela se fera : les plans ainsi que les appels d’offres seront bientôt disponibles. Ensuite, j’ai une dette envers le Maire : le turbogiratoire au niveau du Tesco. Aujourd’hui, il mène au milieu de nulle part ; il faut réaménager son environnement et l’intégrer de façon cohérente au réseau. Le Maire m’a soutiré 1,6 milliard de forints pour cela, de quoi résoudre le problème. Le giratoire du Tesco deviendra donc un turbogiratoire. Et vous avez aussi un centre culturel comital en ruines. Nous soutenons sa démolition depuis longtemps, je l’avais également promis. Cela représente quelque 500 millions de forints. Le Maire sait ce qu’il souhaite faire de ce terrain ; nous réaliserons ce projet. La décision gouvernementale concernant les fonds nécessaires à la démolition du centre culturel et au giratoire pourrait être adoptée dès demain ; sinon, elle le sera lors du Conseil des ministres dans deux semaines. Voilà pour le premier paquet. Le deuxième concerne la station de secours. L’appel d’offres est lancé. J’avais déjà promis depuis longtemps de construire une station de secours digne de ce nom. La procédure est en cours, les fonds, 3,6 milliards, sont réservés. C’est en ordre. Puis il y a l’aiguillage delta de Zalaszentivány, pour GYSEV : pour établir un centre logistique, il faut un développement conséquent. Aujourd’hui, le ministre Lázár m’a assuré qu’il s’en occupera. Et nous arrivons à l’hôpital. Nous y avons déjà créé le bloc de chirurgie cardiaque, le service d’ophtalmologie, les diagnostics et le bloc opératoire central. Il ne reste en retard qu’un seul élément : le bloc de médecine interne. Ce n’est pas une petite affaire : le coût sera d’au minimum 80, peut-être 100 milliards de forints. Mais nous le ferons également : nous nous sommes serré la main sur ce point avec le Maire. Ce n’était pas une excursion bon marché.

Nous pouvons donc dire que, du point de vue de Zalaegerszeg, les négociations ont été fructueuses.

Regardez, mon rôle est d’aider tout le monde. Lorsque quelqu’un a besoin d’aide, lorsqu’il veut obtenir quelque chose, lorsqu’il y a des personnes sérieuses, qui veulent réellement accomplir quelque chose, qui ont des projets et l’énergie nécessaire pour les mettre en œuvre, il appartient au Premier ministre de donner de l’élan là où il n’y en a pas, et, là où il y en a, de laisser cette énergie suivre son cours. Le plus souvent, cela signifie ouvrir des portes en apportant des ressources financières : il n’y a pas d’autre moyen. Zalaegerszeg est une ville importante, une véritable success story de la Hongrie. J’en suis le témoin vivant : j’ai été soldat ici au début des années 80, je suis revenu à la fin des années 80, et je suis revenu encore de nombreuses fois depuis. Je suis même l’un des fondateurs du Fidesz dans cette ville. Nous devons cela à Bandi Gyimesi, alors directeur des archives, qui nous avait laissé utiliser une petite salle au fond du bâtiment pour fonder le parti. J’ai donc beaucoup de souvenirs personnels, de belles choses qui m’attachent à Zalaegerszeg, et je me sens redevable. Vous connaissez sûrement le nom de Ferenc Zumbok dans cette ville : il a été l’un de mes collaborateurs lorsque nous avons formé notre premier gouvernement. Vous pouvez compter sur moi, je suis à votre disposition, et ces projets verront le jour.

De très beaux développements attendent donc encore Zalaegerszeg. Récemment, cependant, lors de la réunion tenue ici même par l’Association des Villes de Droit Comital, plusieurs municipalités ont fait savoir qu’elles rencontrent des difficultés budgétaires : leurs dépenses sont très élevées, et c’est surtout le financement des transports publics qui pèse lourdement, en particulier dans les grandes villes. Monsieur le Premier ministre, voyez-vous une possibilité d’alléger la situation des municipalités, y compris celle de Zalaegerszeg ?

J’ai le plus grand respect pour les maires des villes de droit comital. Ce n’est pas une mission facile que de diriger la vie de villes de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’habitants. Nous leur devons notre reconnaissance pour leur engagement au service du bien public. Mais je dois leur dire que tout le monde a des problèmes : vous, moi, les petites communes et les grandes villes aussi. Le simple fait de dire « nous avons des problèmes » n’est pas un argument en soi. Qui n’en a pas, mon cher ami ? Je pourrais longuement vous parler des difficultés de l’économie hongroise, entre la guerre et ces malheureux bureaucrates de Bruxelles qui ne cessent de nous mettre sous pression. La question n’est donc pas de savoir si nous avons des problèmes, mais comment nous voulons les résoudre. La proposition qu’ils ont faite, que là où il est possible de reprendre la gestion des transports publics aux villes de droit comital, le gouvernement intervienne, n’est pas une mauvaise piste. Nous l’avons déjà fait : tout récemment, c’est la ville de Debrecen dont nous avons repris l’exploitation des transports publics, car cela les aurait écrasés financièrement. Ici aussi, Monsieur le Maire a évoqué cette solution. Pour lui, cela représente un coût d’environ 1 à 2 milliards de forints. Je lui ai dit qu’il n’y aurait pas de changement d’ici les élections. Mais après les élections, nous sommes prêts à revoir non seulement la question des transports publics, mais aussi l’ensemble des missions obligatoires et facultatives des municipalités. En effet, la répartition entre ce qui est obligatoire et ce qui est facultatif date de longtemps, et personne n’y a touché depuis. La réalité a évolué : aujourd’hui, les réglementations juridiques ne reflètent plus la vie réelle. Assoyons-nous donc ensemble : qu’ils exposent calmement et clairement leur vision, et convenons de ce qui relève des obligations municipales, et qui doit donc être financé en conséquence, et de ce qui relève de leur volonté propre, des missions facultatives, dont une partie pourrait, si possible, être prise en charge par le gouvernement. Je propose donc aux maires une réforme en profondeur et de grande ampleur du financement municipal, plutôt qu’une simple opération de « pompiers » centrée uniquement sur la reprise des transports publics. Cela fera partie du plan d’action que nous devrons négocier après les élections.

Mais malgré les difficultés, même avant les élections, les gens peuvent sentir dans leur vie quotidienne que, petit à petit, les choses deviennent peut-être un peu plus faciles, et qu’ils reçoivent toujours un peu plus de soutien.

Eh bien… cela dépend pour qui.

Je pense surtout aux familles. Le gouvernement accorde une importance majeure aux familles et aux personnes âgées. Nous avons appris récemment qu’après le retour du treizième mois de pension, les retraités pourront bénéficier d’un quatorzième mois ; et que les avantages fiscaux familiaux vont augmenter.

Oui, c’est exact. Oui.

Nous avons déjà eu une première augmentation cette année, et cela se poursuivra en janvier. Le gouvernement pourra-t-il tenir ces engagements ?

Tout cela est vrai, mais je ne veux pas que qui que ce soit s’imagine que la vie deviendra soudain facile. Non : en Hongrie, la vie a toujours été difficile, elle ne sera jamais facile. Il faut toujours travailler. Nous sommes un pays auquel, à la fin de la Première Guerre mondiale, on a retiré toutes ses ressources, ses matières premières, ses richesses naturelles. Ce pays vit de ce qu’il peut créer par le travail : par la force des bras ou par la force de l’esprit. C’est ainsi. Si nous ne travaillons pas, ce pays s’effondre en un instant. Et travailler est difficile, car nous sommes en concurrence et il faut tenir la cadence. Je ne peux donc promettre à personne une vie oisive, sans travail, bien payée. En ce sens, la vie ne sera pas plus facile, mais le travail aura du sens. C’est ce que j’ai promis. Depuis 2010, chacun peut le vérifier : nous avons créé un million d’emplois. J’ai promis que la reconnaissance du travail honnête augmenterait, que le travail aurait une valeur, et que l’effort supplémentaire serait récompensé. Et je m’y tiens. Cela inclut les familles, comme vous le dites. Nous avons pu doubler les avantages fiscaux pour enfants : la moitié a déjà été mise en œuvre, l’autre moitié entrera en vigueur le 1erjanvier. C’est pour moi une question d’honneur, et je le ferai, car si quelqu’un doit être aidé en premier, ce sont les familles et les parents qui élèvent des enfants. Et parmi eux, les femmes, car en Hongrie, ce sont les femmes qui maintiennent la famille unie. Et dans le monde moderne, beaucoup d’entre elles doivent travailler : elles ne peuvent plus rester à la maison, parce que la famille a besoin d’un second revenu. Nous voulons les aider : si elles ont donné naissance à au moins deux enfants, elles seront exonérées d’impôt sur le revenu, toute leur vie, quel que soit l’âge de leurs enfants. Je veux renforcer la sécurité matérielle des femmes en Hongrie. Je suis convaincu que c’est ainsi que nous aurons plus d’enfants et que les familles deviendront plus solides, parce que les femmes auront une position plus au sein de la famille. Toutes ces mesures, comme l’exonération fiscale du congé parental ou de l’allocation parentale, pour n’en citer qu’un exemple, ont déjà été mises en place. Le renforcement des familles restera la priorité du gouvernement : et tant que nous aurons un gouvernement national, nous aurons un gouvernement favorable aux familles. Et ce que nous avons promis dans ce domaine, malgré la guerre et toutes les difficultés du monde, nous l’accomplirons.

La seconde priorité, ce sont les retraités.

Regardez dans quel pays nous vivons : un pays qui a été détruit plusieurs fois. Quelqu’un a dû le reconstruire, Zalaegerszeg pourrait en raconter long. Les jeunes et les générations d’âge moyen doivent comprendre que ce pays n’existerait pas si la génération qui les a précédés n’avait pas accompli son devoir avec honnêteté. Il ne s’agit donc pas seulement de dire que la pension est un droit, elle l’est, mais de la donner de bon cœur, parce que nous savons que sans nos parents et nos grands-parents, ce pays ne serait rien d’autre qu’un champ de ruines. S’il n’en est pas ainsi, c’est parce qu’ils ont fait leur travail consciencieusement. C’est pourquoi il faut verser les pensions, et si la situation économique le permet, et il faut faire en sorte qu’elle le permette, alors les pensions doivent être augmentées. On leur a retiré le treizième mois de pension sous le gouvernement Gyurcsány. C’était la pire des injustices : le retirer précisément à ceux qui, par leur travail, ont porté ce pays sur leurs épaules. Ce n’était pas juste. Nous avons réussi à le leur rendre. Et j’essaie d’obtenir également de nouvelles augmentations de pension, d’une manière ou d’une autre. Nous avons maintenant décidé d’introduire le quatorzième mois de pension, et sa première semaine, comme il sera mis en place par étapes, sera versée dans la pension de janvier, reçue en février. C’est ainsi que j’essaie, et que le gouvernement essaie, d’aider chacun : ceux envers qui nous avons une dette de gratitude pour leur contribution passée, et ceux qui portent l’avenir, comme les enfants, les familles et les femmes.

Par ailleurs, je pense que tout le monde est concerné, surtout en hiver, par la question du plafonnement des factures énergétiques. Pourra-t-elle être maintenue à long terme ?

Là aussi, il faut être astucieux, il faut manœuvrer intelligemment, puisque le nombre de nos adversaires est considérable. Et, pour des raisons que je ne détaillerai pas ici, les Européens semblent vouloir entrer en guerre contre la Russie. Pour le moment, ils ont envoyé l’Ukraine en première ligne, mais leur intention déclarée est de vaincre les Russes sur le champ de bataille, si possible avec les Ukrainiens ; et si les Ukrainiens ne suffisent pas, alors, éventuellement, avec la participation directe de l’Europe. Nous sommes dans une situation de menace de guerre très sérieuse. La conséquence, c’est que les Européens veulent démanteler progressivement leurs relations économiques avec la Russie. Or, si nous ne pouvons plus importer de gaz et de pétrole russes en Hongrie, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement des factures d’énergie. Nous avons dû déjouer une sanction américaine, et lors des négociations avec les États-Unis, nous avons réussi à l’écarter. Il y aura une sanction américaine sur le pétrole et le gaz russes, mais elle ne s’appliquera pas à la Hongrie : nous y avons échappé. Maintenant, il nous faut négocier avec les Russes pour qu’ils confirment que, malgré les opérations militaires et la destruction partielle de leurs raffineries, ils continueront à livrer à la Hongrie les quantités de pétrole et de gaz promises. Ces négociations sont en cours, et je souhaite obtenir une garantie claire de leur part. Ensuite, il ne restera qu’une seule tâche : éviter la sanction européenne que Bruxelles veut imposer à la Russie à partir de 2027. Ce sera une tâche pour 2027. C’est ainsi que nous vivons.

Monsieur le Premier ministre, merci beaucoup d’avoir été avec nous.

Merci à vous également !

Quant à vous, chers téléspectateurs, merci pour votre patience et votre attention. Merci de nous avoir suivis, et restez avec nous pour la suite de nos programmes. Au revoir !

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