Jenő Csiszár : Bon, alors, allons-y !
Bonjour à toutes et à tous, Merci de m’avoir accueilli si chaleureusement, mais le véritable événement aujourd’hui, ce n’est pas moi : c’est le retour de Jenő.
Monsieur le Premier ministre, j’ai regardé vos chaussures, comme l’éclairage est bon. Elles ont été bien astiquées ! Alors, c’est que le Saint-Nicolas vous a gâté, ou bien avez-vous déjà fait votre parade du Saint-Nicolas ?
J’adore le chocolat, donc je ne mets jamais de simples chaussures : je sors mes bottes, à chaque fois. Et cette année encore, je n’ai pas été déçu : ma femme est une brave femme, elle prend soin de moi. Mais ce qui me touche le plus, c’est qu’en fin d’après-midi, le 6 décembre, j’attends toujours l’appel de ma mère. Elle me dit : « Mon petit Viktor, quand viens-tu ? Saint-Nicolas t’a laissé ton paquet ici. » Une fois enfant, toujours enfant.
Moi, j’arrive ici pour promouvoir l’émission « Le Monde de mon père », et toi, Monsieur le Premier ministre, tu nous ramènes dans le monde de ta mère. L’ordre des choses compte : la mère passe toujours avant tout.
C’est étrange, je vais dire quelque chose qui peut sembler contradictoire. J’ai appris que ce sont les femmes qui tiennent les familles ensemble. Les hommes vont et viennent ; les femmes, elles, restent. Et peu importe où l’on se réunit ou combien nous sommes : à la fin, tout le monde finit toujours assis dans la cuisine, pendant que ma mère cuisine. Cela montre bien que les femmes sont au centre de tout. Mais en même temps, je pense qu’il y a un problème du côté des hommes, et qu’il faut s’en préoccuper. J’ai le sentiment qu’une partie des difficultés de la Hongrie relève moins des femmes que de nous-mêmes. Ce n’est pas le thème d’aujourd’hui, ce sera pour une autre discussion, mais je crois que les hommes devraient en faire davantage pour leurs familles. Je vais donner un petit exemple. À Topolya, il y a aussi une académie de football financée par l’État. Elle accueille des enfants serbes et hongrois. Je demande au directeur de l’académie, qui est hongrois, si la différence de mentalité que l’on observe chez les sportifs adultes, je parle surtout du football, que je connais le mieux, se retrouve là-bas aussi, où Serbes et Hongrois vivent ensemble. Il me répond que oui : « Les Serbes sont de meilleurs combattants, plus solides mentalement. » Alors je lui demande : et comment l’expliques-tu ? Il me dit : « Quand je sors devant l’entrée de l’académie et que les parents et grands-parents déposent les enfants, voici ce que je vois : les enfants hongrois arrivent avec leur mère, les enfants serbes avec leur père. » Évidemment, ma femme, elle, dit que c’est parce que les hommes hongrois sont plus paresseux. Je ne pense pas que ce soit vrai ; c’est plutôt une autre répartition des rôles. Mais l’essentiel, c’est que les hommes, en Hongrie, sont à mon avis plus absents des familles qu’on ne le croit. Je ne sais pas comment résoudre cela, si la solution doit venir du cœur ou de l’extérieur, mais les hommes manquent dans la vie familiale, et cela se voit dans l’éducation des enfants. Pardon, ce n’est pas pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui.
Non, non, non, non, non, ne t’excuse surtout pas : c’est un sujet très important. Mais… tu as fait de la promo, tu as fait une promo incroyable.
Tu veux dire, pour toi ?
Bien sûr ! Je n’ai jamais eu un coup de projecteur pareil de toute ma vie. Tu m’as carrément construit le piédestal de ma petite gloire de coureur amateur. En une semaine, nous avons reçu une avalanche de messages et de questions, dont nous ne pourrons traiter qu’une infime partie, faute de temps.
D’une certaine manière, Jenő, je te dois quelque chose. Vous savez, il y avait cette émission, Le Monde de mon père.
Oui.
Nous sommes dans les années 1990.
Et je voulais te demander : tu l’écoutais ?
C’est exactement ce que je voulais dire. Nous sommes dans les années 1990, les plus âgés s’en souviennent, mais que les jeunes tendent l’oreille. À cette époque, quand la grande liberté a éclaté, toutes sortes de programmes nouveaux sont apparus. Il y avait ces émissions où l’on rigolait pour un rien, et qui, d’ailleurs, existent encore aujourd’hui. Tout, à cette époque de liberté retrouvée, était en surface, un peu creux, presque factice : on avait l’impression que tout restait à la périphérie. Et puis un jour est arrivée une émission qui, elle, n’avait rien de superficiel : une émission vraie, sérieuse, qui ne restait pas à surfer à la surface, mais qui plongeait en profondeur. J’étais déjà un homme très occupé, et je l’avoue, à l’époque, ma vanité me rendait sensible aux considérations esthétiques, et donc, pour ne pas avoir mauvaise mine, j’allais à la salle de sport. Tard le soir, seulement après le travail. Et à la salle, la radio tournait toujours. Jenő, toutes…
Non !
Si, si : j’ai soulevé tous mes poids sur le son de ta voix.
Eh bien heureusement que tu n’es pas resté coincé sous une barre. Monsieur le Premier ministre, je n’ai donc pas besoin de te préciser qu’il ne s’agit pas ici d’une interview politique classique : nous allons suivre la structure du Monde de mon père.
On ne sait pas ce qu’il va se passer : quelque chose se passera.
Je vais essayer de faire revivre Le Monde de mon père. Je peux vous promettre deux choses… non, trois, que je vais devoir tenir. D’abord : nous pourrons désigner « le goujat de la semaine ».
Le goujat de la semaine… Excellent.
On pourra effectivement désigner le goujat de la semaine. Et aussi « la chose la plus royale de la semaine ».
Ça, c’est plus facile.
Et puis Le Monde de mon père, c’était surtout moi qui bavardais et passais de la musique. Là, il n’y aura pas de musique, mais les auditeurs, eux, envoyaient toutes sortes de messages et de questions. Il n’y avait ni faux-semblants, ni tabous.
D’accord. C’est du.
Ça chauffe.
Je cherche déjà la sortie de secours, oui.
Nous avons donc rassemblé toutes les questions, nous avons 40 minutes, dont 10 déjà envolées… il nous reste 30 minutes, alors accélérons : il y a aussi des sujets sérieux.
Très bien !
Alors, revenons d’abord à la promo, parce que je voudrais te promouvoir un peu : il y a quelques jours, la chaîne d’information de Viktor a été lancée.
Ah ! Tu vois ?
Une chaîne d’info. Allez jeter un œil ! C’est bien, c’est bien. On peut voter. Pour « la chose la plus royale de la semaine », il y a deux options, ici aussi, on pourra voter. La première : le salaire minimum augmente de 11 %.
Ça, c’est sacrément royal, oui.
Très royal même. Deuxième option : Après douze ans, l’équipe féminine hongroise de handball atteint de nouveau les quarts de finale des championnats du monde.
C’est aussi très royal, et en plus, nous avons battu les Roumaines : deux aspects royaux en un seul thème.
Et maintenant, passons aux goujateries ! Option 1 : le parti Tisza renie son propre plan d’austérité, et renie aussi ses propres experts. Voilà la première option.
C’est une goujaterie à double sens. La première nous vise, évidemment. Quand on demande la confiance publique, on devrait dire clairement ce qu’on compte en faire : là, il y a un problème, mais ce n’est pas le plus grave. Ça ne gagnerait pas, à mon avis. Mais quand quelqu’un rembarre ses propres experts, ça, ce n’est pas correct. Ils travaillent, on ne sait pas combien d’heures…
Ils étudient dans trois ou quatre universités. Ils décrochent des diplômes.
Ils travaillent pendant des mois, préparent les tableaux ; et nous en sortons mal, car on ne peut en sortir que mal. Et là, on leur dit : « Ah, et vous êtes qui ? Je ne vous connais pas, bonne journée ! » C’est un vrai problème, sans aucun doute. C’est le gros paquet, disons.
Option 2 : Bruxelles voudrait supprimer la réduction des charges sur l’énergie en interdisant le gaz et le pétrole russes.
Une sacrée goujaterie.
Et comment !
Nous pouvons utiliser ce mot parce que, dans « goujaterie », il reste malgré tout quelque chose d’humain, non ? Bon, bien sûr, nous parlons de Bruxelles, où il n’y a pas grand-chose d’humain, mais le mot, lui, en contient encore un peu. C’est un bon mot, d’ailleurs : il englobe beaucoup de choses.
Merci beaucoup.
L’idée principale, c’est : ne pas tenir compte de l’autre. C’est ça, une goujaterie, non ? Tu fais quelque chose que tu crois bon pour toi, et tu te fiches complètement de ce qui va arriver aux autres. Et je pourrais sans doute trouver des arguments pour montrer que, derrière la décision bruxelloise, il y a des considérations bien réfléchies. Mais ce qui est sûr, c’est que nos considérations n’en font pas partie. Par exemple : que va-t-il advenir de nous s’ils interdisent l’importation de pétrole et de gaz russes en Europe, donc aussi en Hongrie ? Vu de France, ça ne semble peut-être pas un problème. Mais pour nous, dont la vie, ou du moins le portefeuille des familles et la réussite des entreprises, en dépend, pour nous, c’est essentiel. Quand on ne prend pas cela en compte… Par exemple : le président Trump n’a pas commis cette erreur-là. Lui aussi a pris une décision de sanctions. L’histoire dira si c’était une bonne décision ou non. Mais quand nous lui avons dit : « Monsieur le Président, cela va nous tuer. Vous n’avez évidemment pas pris cette décision pour nuire aux Hongrois, mais pour nous, c’est fatal : donnez-nous une exemption », il a répondu : « J’entends. » Et il nous l’a donnée. C’était correct. À Bruxelles, j’ai beau dire : « Donnez-nous une exemption », rien n’y fait. Et comme les sanctions exigent l’unanimité, jusqu’ici, s’ils n’offraient pas d’exemption, je la prenais moi-même avec mon veto. Ce n’est pas de la goujaterie : c’est tenir sa position. Mais maintenant, ils ont trouvé une astuce : ils requalifient la mesure. Ce ne sera plus une sanction, mais une décision de politique commerciale. Juristes, écoutez bien : les sanctions exigent l’unanimité ; les décisions commerciales, non. Et voilà, ils nous contournent. Ça, c’est de la goujaterie.
Bon, nous sommes d’accord. Et à cet instant précis, le vote s’ouvre.
Je peux nominer quelqu’un, moi aussi ? Pardon, c’est seulement toi qui peux nominer, ou moi aussi ?
Mais bien sûr que tu peux !
Ce sont tes candidats.
Très bien, très bien, alors allons-y. Mais tu influences le…
Oui, oui, je l’influence. Très bien, je l’avoue…
Mais tu influences le vote ! Si ça te plaît à toi… enfin, si ça plaît à Viktor Orbán, alors…
Ne sous-estime pas la résistance des Hongrois, leur capacité à tenir bon.
Je ne parle pas des spectateurs, mais des trolls, qui ont peut-être déjà déclenché le vote.
Ça, ça ne m’intéresse pas. Et puis eux, on s’en fiche : ils ne sont pas là.
D’accord, ils ne sont pas là, très bien.
Moi, j’ai un autre candidat, parce qu’à mes yeux c’est aussi une forme de goujaterie : piocher sans cesse dans la caisse de Bruxelles tout en donnant des leçons aux Hongrois en matière de corruption. Puis, quand la vérité éclate… on se fait arrêter. C’est ce qui arrive à Bruxelles.
Très bien, mais moi je trouve que c’est plutôt royal !
D’accord, bon… oui.
On les arrête, enfin ! C’est royal, non ?
Oui. Alors, on le classe où ?
Monsieur le Premier ministre, là…
Il va dans les deux catégories.
Faisons voter ! Qui pense que c’est une goujaterie ? Levez la main ! Et qui pense que c’est un royal : qu’ils se fassent arrêter tels qu’ils sont, et que, enfin, nous ayons raison ?
Tu as perdu, Jenő.
D’accord. Je m’y attendais : selon les grimoires, perdre contre un Premier ministre, c’est bon signe.
Exactement. Bon, on plaisante, et c’est vrai que le samedi et le week-end se prêtent à une pointe d’humour, même sur des sujets sérieux, mais cela reste une affaire grave…
Exactement.
…parce que, sous prétexte qu’ils trouvent chez nous quelque faute : État de droit, et tout le reste, ils veulent nous imposer toute une série de sanctions lourdes, que nous déjouons quand nous le pouvons, et que parfois nous subissons. Et pendant ce temps, sur ces mêmes sujets, eux obtiennent des résultats bien pires que nous. C’est donc une affaire grave : Bruxelles abuse de son pouvoir. Ils nous demandent des comptes sur des points où eux-mêmes sont bien plus défaillants que nous. Comment est-ce possible ? C’est une affaire sérieuse, car cela se joue à la vie, ou, si ce n’est pas la vie, à des milliards d’euros. L’enjeu est immense, même si nous y mettons un peu d’humour, car la situation est véritablement absurde. Il faut comprendre que c’est une utilisation insolente, arrogante et éhontée du pouvoir, et que cela a des conséquences. Et contre cela, nous devons non seulement plaisanter, mais aussi nous battre sérieusement. Je veux d’ailleurs remercier les électeurs hongrois, qui jusqu’ici m’ont toujours soutenu dans cette lutte, et je crois que les habitants de Kecskemét également, eux qui m’ont toujours accordé toute leur confiance. Jenő, je te le dis : tu ne passes sans doute pas tes journées à lire des statistiques politiques, mais puisque nous sommes ici, à Kecskemét, je peux l’affirmer sans lyrisme, avec la sobriété d’un homme : les citoyens de Kecskemét ne m’ont jamais abandonné, même dans les moments les plus difficiles, et je ne les ai jamais abandonnés non plus. Et, pour parler positivement, nous avons toujours pu compter les uns sur les autres, et j’espère que ce sera encore le cas à l’avenir. C’est une véritable bastion national, de droite et chrétien, là où nous nous trouvons en ce moment.
C’en est fini pour cette petite introduction légère, d’accord ? Donc : introduction légère. Maintenant, en suivant vraiment la logique du Monde de mon père, je lance un sujet, et pendant ce temps je regarde quelles questions arrivent. Et demain, nous serons au deuxième dimanche de l’Avent. C’est le dimanche de l’espérance. Et en ce moment, le slogan est : « Ceux qui veulent la paix sont avec nous. » Ce n’est pas qu’un slogan : c’est quelque chose de sérieux. Pour moi, c’est un grand honneur de pouvoir discuter avec toi aujourd’hui, parce que cette guerre, pour moi, est très dure à vivre. Nous avons deux fils de 18 ans, des jumeaux. Leur mère était sportive de haut niveau. Nos fils veulent devenir sportifs de haut niveau, c’est leur trajectoire. Ils jouent au water-polo.
Je leur souhaite beaucoup de succès !
Et je ne veux pas qu’ils meurent à la guerre. Ce n’est pas la vie que nous avions imaginée. On est d’accord ?
Et pendant ce temps, je lis toutes sortes de folies, comme l’idée qu’il faudrait lancer une frappe préventive contre la Russie. Ça me rappelle la réplique culte du film Tigre de verre : « Ici, tout le monde est fou ? » Moi, je n’ai que mes enfants. Toi, tu as des enfants, des petits-enfants.
C’est le cas de tout le monde ici… Ce n’est pas un jeu. Quelqu’un appuie sur un bouton et ensuite…
Je dois ajouter deux choses. D’abord : la guerre, où qu’elle soit, et surtout quand elle est juste à côté, est une chose douloureuse. Ce ne sont pas des soldats en plastique, pas des armes-jouets, pas des gadgets électroniques avec lesquels on simule une guerre à la maison. C’est une vraie guerre, où l’on meurt. Et ce qui est douloureux, ce n’est pas seulement la mort elle-même : c’est que derrière chaque mort, il y a une veuve, une mère qui pleure son fils, un orphelin. Chaque mort est une tragédie humaine : non seulement pour celui qui meurt, mais aussi pour ceux qui restent. Et dans cette guerre, il y en a beaucoup. Je ne suis pas là pour les juger, mais il s’agit de deux peuples slaves, certains disent même d’un seul, mais peu importe aujourd’hui, deux peuples slaves, et les Slaves sont de bons soldats, et plutôt rudes. Quand les Slaves font la guerre, c’est très dur, il y a peu de pitié. On l’entend et on le voit. La guerre est mauvaise, point. C’est pourquoi nous devons remercier le Bon Dieu qu’à la tête de l’Amérique il y ait enfin un président qui, j’en suis convaincu, déteste la guerre. Je ne dis pas qu’il ne l’utilise jamais ou qu’il n’en mène jamais, mais qu’au fond de lui, il déteste la guerre : pour lui, la guerre est intrinsèquement mauvaise. J’en suis certain. Et nous, Hongrois, devons saisir cette chance : il y a enfin un acteur beaucoup plus puissant que nous sur la scène internationale qui veut la paix. La deuxième question que nous devons nous poser à partir de ce que tu dis, c’est : à quel point cela nous concerne-t-il ? Car la guerre est mauvaise en soi, mais va-t-elle nous atteindre ? Faut-il prendre au sérieux ces signaux d’alarme que je lance souvent : l’idée que c’est une guerre dans laquelle nous pourrions être entraînés, ou que l’on pourrait nous y entraîner ? Et la nouvelle que je dois partager avec vous est mauvaise. Cette guerre n’est pas loin. Et pas seulement pour des raisons géographiques, parce qu’elle est dans un pays voisin : elle est aussi politiquement proche. Et je ne veux pas gâcher votre Avent, mais je dois dire ceci : les dirigeants européens ont décidé que l’Europe allait à la guerre. Il ne s’agit pas de spéculations, ni de « peut-être », ni de « ils ont perdu la tête ». C’est une décision. Je suis assis à côté d’eux quand ils le décident. C’est écrit noir sur blanc. Et ils le disent ouvertement. Selon la position européenne officielle, d’ici 2030, l’Union européenne doit être prête pour la guerre, une guerre contre la Russie. Ils construisent une économie de guerre. Et on ne construit pas une économie de guerre pour deux mois. Ils reconvertissent l’industrie automobile en industrie d’armement, en production de véhicules blindés. Je pourrais multiplier les exemples. Il existe même une science consacrée à l’étude des périodes qui précèdent la guerre. Elle est étudiée par des chercheurs en sciences sociales, je lis leurs travaux. Selon l’approche classique, l’expansion vers une guerre comporte quatre phases : Première phase : la rupture des relations diplomatiques. C’est fait. Deuxième phase : les sanctions et la rupture de la coopération économique. C’est fait aussi. Troisième phase : la conscription et la transition vers une économie de guerre. C’est là où nous en sommes, c’est l’étape où est Bruxelles. Enfin, la quatrième phase est celle de l’affrontement direct. Ce n’est pas un hasard si nous organisons de grands rassemblements anti-guerre. Ce n’est pas parce qu’on n’avait pas d’idée pour le nom : c’est parce que le danger est réel. Alors, que peut faire la Hongrie pour empêcher l’Europe d’entrer en guerre ? C’est une tâche sur laquelle il faut travailler, mais il faut aussi avoir conscience que cela dépasse nos forces. Nous pouvons surtout prier pour que le Bon Dieu ne retire pas la raison à ceux qui dirigent des pays bien plus puissants que le nôtre. Mais si tu ne peux pas empêcher l’Europe de marcher vers la guerre, que peux-tu faire en tant que Hongrois ? Il suffit d’ouvrir un livre d’histoire : il n’y a rien de nouveau. Il faut rester en dehors de la guerre. Et la seule question est : pourrons-nous rester en dehors de la guerre ? Nous n’avons pas réussi à rester en dehors de la Première Guerre mondiale, même si nous le voulions ; nous n’avons pas réussi non plus à rester en dehors de la Seconde, même si nous le voulions. Ni Tisza n’y est parvenu, ni Miklós Horthy. Nous devons comprendre pourquoi ils n’y sont pas parvenus, et, si nous voulons rester en dehors de la prochaine guerre, comment il faut s’y prendre. Je ne dis pas que j’y pense jour et nuit, mais j’y consacre un très grand nombre d’heures de travail. Je ne vais pas partager ici toutes mes observations, sinon nous serions encore assis ici au prochain Avent. Je veux simplement dire que pour rester en dehors d’une guerre, il faut de la force. Les faibles sont toujours entraînés dans la guerre. C’est pourquoi nous devons saisir tous les moyens pour rendre la Hongrie forte : économiquement, politiquement, et en matière de défense de sa souveraineté. Car au moment décisif, lorsque survient l’épreuve, il ne suffit pas d’être capable de dire non, comme l’a fait Tisza. Tisza a dit non, en effet, mais la machine viennoise l’a broyé, et il a fini par consentir à la guerre. Ou comme Horthy Miklós, qui a dit non longtemps, mais en 1944, l’Allemagne a tout de même occupé la Hongrie et nous a entraînés dans la guerre, sans parler des décisions que nous avions prises dès avant. Donc il faut observer l’histoire, en tirer des leçons, et se préparer au cas où adviendrait réellement ce que nous voulons éviter : que si d’ici 2030, les Européens entrent effectivement en guerre, nous devons être prêts à rester en dehors. Ce ne sera pas simple : ce sera compliqué, il faudra beaucoup de courage intérieur. Les anges de la guerre, qui sont plutôt, je crois, les démons de la guerre, cherchent toujours à convaincre les peuples qu’ils auront plus à gagner dans la guerre qu’en dehors. La tentation sera forte. Il faudra la repousser, vaincre le mal, et tenir bon pour la paix. Ce moment viendra ; je m’y prépare intérieurement. Je pourrais aussi dire, même si, pardon Jenő, je ne veux pas entraîner notre discussion sur un terrain purement électoral…
Non, non, je bois tes paroles. C’est très sérieux !
…mais je pourrais dire que les élections de 2026, qui nous attendent en avril, seront les dernières avant la guerre. Et le gouvernement que nous aurons en 2026 sera celui qui devra se battre pour la Hongrie et arracher la Hongrie au danger d’une guerre qui, très probablement, s’approche de nous. Le gouvernement que nous aurons en 2026 décidera de notre destin face à la guerre. Si nous avons un gouvernement pro-Bruxelles, ils nous entraîneront dans la guerre. Si nous avons un gouvernement national, non aligné sur Bruxelles, alors nous aurons une chance, et peut-être aussi la force ensuite, de rester en dehors du conflit.
Je disais que nous avions reçu des SMS, des questions, nous allons essayer de rendre la discussion un peu interactive, mais il y a quelque chose qu’il faut absolument mentionner ici : ce que j’ai trouvé il y a quelques jours, d’un certain Jeffrey Sachs, un économiste plutôt brillant…
Je ne le connais pas personnellement, mais c’est un économiste, oui, je le suis depuis 1992.
Voilà. Il a dit : « La Hongrie s’est retrouvée dans une position diplomatique qui est une rareté en Europe. Washington, Moscou. Viktor Orbán est le grand maître de la diplomatie à double voie. »
On verra à la fin…
Et il poursuit, et cela s’insère parfaitement dans ce dont tu parlais, c’est vraiment sérieux : « Budapest est un pont durable entre deux blocs géopolitiques rivaux : non seulement pour la paix », et c’est très important, ce que vous faites, « mais aussi, dans la suite, dans l’histoire de politique économique » qui appartient déjà à l’après-guerre. Et voilà ce que dit un Américain intelligent…
Oui, et je pense qu’il a raison là-dessus. Je ne suis pas toujours d’accord avec lui. Il a été un grand théoricien des transitions économiques, comment passer d’une économie planifiée à une économie de marché après le communisme, et sur ce terrain-là, nos points de vue ne coïncidaient pas. Nous avons beaucoup discuté. Mais sur ce sujet, je suis plutôt d’accord avec ce qu’il dit. Parce qu’il ne suffit pas d’accumuler de la force, ni de savoir comment rester en dehors d’une guerre : il faut aussi savoir ce qui se passe après, si l’on a réussi à rester à l’écart. Car si tu as un ou deux pas d’avance sur les autres, alors tu peux réussir. Les grands pays n’ont pas besoin d’être très intelligents : ils sont grands, forts, ils ont du pouvoir, même s’ils comprennent une chose plus tard, ils peuvent encore imposer leurs intérêts. Mais un pays de notre taille, nous, nous devons être malins. Comme on dit à Pest : il faut avoir un bubek, une bonne tête, c’est-à-dire avoir une longueur d’avance. Il faut aller plus vite en pensée, être une ou deux stations en avance sur tout le monde. Et nos actes doivent s’ajuster à cette avance stratégique. Alors tu peux dépasser, ou au moins rivaliser avec des pays bien plus grands que toi. Sinon, tu restes éternellement derrière eux. C’est pourquoi un pays comme le nôtre ne peut pas se permettre d’être bâte. C’est un point que je recommande d’avoir bien en tête quand vous faites vos choix politiques : ne mettez jamais des incompétents à la tête du pays, car nous en paierons le prix au centuple. Ce qui ne veut pas dire qu’il faudrait en permanence élire des philosophes ou toutes sortes d’intellectuels : l’intelligence dont il est question ici, ce n’est pas l’érudition scolaire, c’est l’intelligence naturelle. L’école, c’est bien, ça ne fait de mal à personne, mais ce n’est pas cela qui compte : ce qui compte, c’est l’équilibre entre l’intelligence naturelle et le cœur. C’est pourquoi la politique est ouverte à tout le monde, j’encourage chacun à s’y engager. La politique n’est pas réservée à ceux qui sortent des super-écoles : n’importe quelle personne honnête peut devenir dirigeante, car ici, c’est d’une autre forme d’intelligence qu’on a besoin, pas de celle des diplômes. Je ferme la parenthèse. Donc, ce que dit Sachs est important. Nous préparons-nous au monde d’après-guerre ? Je peux vous répondre : oui. De toute façon, je me prépare toujours à tout. Par exemple, je me prépare aussi à ce que nous gagnions en avril 2026. Je ne parle pas de ce que vous imaginez, je n’ai pas déjà mis le champagne au frais : ce n’est pas cela, penser à l’avance. Non : je parle de ces petits groupes d’experts dont la tâche est d’examiner ce qui n’a pas bien fonctionné au cours des quinze dernières années, ou des quatre dernières, ou encore ce que le temps a dépassé, ce qu’il faudra faire autrement que maintenant. Ils doivent déjà avoir des plans. Parce que nous allons entrer en campagne, ce sera la bagarre sur le terrain, et nous n’aurons pas le temps de réfléchir à tout cela, mais il y a des gens qui y réfléchissent pour nous : à la structure même du gouvernement, cette machine compliquée, et aux points où il faudra intervenir, surtout compte tenu du risque de guerre, pour qu’elle fonctionne mieux que jusqu’à présent. Donc, penser à l’avance, c’est essentiel, y compris en politique internationale. Je ne le cache pas, même si je ne peux pas en dire tous les détails : je négocie avec les Américains sur ce que pourrait être la coopération économique entre les États-Unis et la Hongrie après la guerre. Et je négocie aussi avec les Russes pour savoir comment, une fois que tout le système de sanctions aura disparu, car il ne restera pas éternellement, et personne n’a l’intention de bannir la Russie de l’économie mondiale, ils voudront de nouveau faire affaire avec elle, nous, Hongrois, pourrons en tirer quelque avantage, à quel rythme et de quelle manière. C’est pour cela que je me prépare. Par exemple, dans les prochains jours, une importante délégation économique hongroise partira à Moscou pour discuter exclusivement de coopération économique. Il faut donc réfléchir en amont : parce que si le Bon Dieu nous aide, la guerre se terminera sans que nous y soyons entraînés ; supposons que le président américain réussisse et réintègre la Russie dans l’économie mondiale, que les sanctions soient démantelées, alors nous nous retrouverons dans un autre espace économique. Aujourd’hui, nous sommes dans un espace de sanctions, qui nous comprime et nous restreint, parce qu’il nous interdit certaines choses. Mais si un accord américano-russe voit le jour, cet espace s’élargira. Et celui qui s’y sera préparé pourra trouver sa place et saisir les opportunités. Donc ce professeur Sachs a raison.
Bon, j’ai bien fait d’ajouter cela, et d’être tombé sur sa déclaration : un coup de chance. Comme on dit : même une horloge arrêtée a raison deux fois par jour. Il faut accélérer, parce que nous avons énormément de questions, énormément de sujets, et très peu de temps. Nous, nous allons vers l’avant, pas vers l’arrière, il faut donc faire attention au temps qui file.
C’est noté.
Alors, Kamilla Szántó écrit ceci à propos du sujet : je pense qu’il n’a même pas besoin de commentaire, parce qu’il y en a qui ne voient pas les choses comme nous : « De partout, sans arrêt, on entend parler de Bruxelles, de la guerre, de l’Ukraine. Vous ne pensez pas, vous non plus, que quelqu’un croit vraiment que quelqu’un VEUT cette guerre ? » En bref, vraiment.
C’est une question plus intelligente que la façon dont tu l’as lue.
Bon, c’est moi qui l’ai lue. D’accord.
Oui, si je puis me permettre…
Viktor Orbán vient de te complimenter. Merci beaucoup !
Non, non ! Si tu l’as lue ainsi, c’est sans doute parce que tu as supposé de la malveillance dans la question.
Oui.
Et il y en avait probablement.
D’accord.
Mais cela n’empêche pas la question d’être bonne. Le Bon Dieu peut même tirer du bon des mauvaises choses : c’est donc une question malveillante, mais importante. Et c’est vrai que c’est difficile. Et, je pense, la personne qui l’a posée ne doit probablement pas sympathiser avec nous, mais…
Kamilla Szántó.
…mais c’était une dame sensée, et sa question est importante. Pour une personne raisonnable, il est difficile d’imaginer, avec deux guerres mondiales derrière nous, comment, bon sang, quelqu’un peut encore penser qu’on peut bien s’en sortir grâce à une guerre, et donc considérer la guerre comme un objectif. Un être normal n’y croit pas : cela ne rentre pas dans notre tête, cela nous paraît absurde. Mais malheureusement, ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent. En partie parce que les guerres sont anciennes, et n’ont pas touché tout le monde de la même façon. Notre histoire de souffrance, je ne dis pas qu’aucun autre peuple n’a souffert autant, mais la nôtre est exceptionnellement lourde, est la suivante : Si l’on fait un calcul rapide : nous avons perdu 900 000 personnes pendant la Première Guerre mondiale, 600 000 pendant la Seconde, après l’arrivée des Soviétiques, 200 000 personnes ont fui immédiatement, puis 200 000 Allemands ont été expulsés, et en 1956, environ 200 000 personnes sont encore parties. Si je fais l’addition, cela fait 2 100 000 personnes que nous avons perdues. C’est notre histoire de souffrance. Si ces gens étaient encore là : eux, leurs enfants, et leurs petits-enfants, nous ne parlerions pas de problèmes démographiques, nous ne dirions pas que nous sommes un petit pays : cela représenterait une force. Tout cela pour dire que tous les peuples n’ont pas derrière eux une telle profondeur de tragédie liée à la guerre que nous. Tous les pays n’ont pas été bombardés comme nous l’avons été, particulièrement Budapest, je ne connais pas en détail l’histoire de Kecskemét de ce point de vue, mais je connais celle de Budapest. Les Allemands avaient déclaré Budapest « forteresse », ils ont fait sauter tous les ponts, ils tiraient depuis Buda sur Pest. Les Russes arrivaient de l’Est, par voie terrestre, et bombardaient la ville. Les Anglo-Saxons la bombardaient depuis les airs. Belle ambiance ! Qui ne comprend pas cela ne comprend pas la politique étrangère. La Hongrie ne peut compter que sur elle-même. Et si nous nous y prenons mal, nous pouvons nous retrouver dans une situation où tout le monde devient notre ennemi, alors qu’ils devraient être nos amis. Je veux dire que la destruction de la guerre est inscrite beaucoup plus profondément dans l’âme du peuple hongrois, dans nos instincts, que chez bien des dirigeants d’Europe de l’Ouest. Ce qui, pour nous, est une évidence, qu’une guerre ne peut être qu’une mauvaise chose, n’est pas pensé ainsi là-bas. Eux, par exemple, pensent qu’on peut gagner de l’argent avec la guerre. Et de plus en plus, dans cette affaire, l’argent prend le dessus. Regardez, et observez la semaine prochaine : on parle de plus en plus ouvertement de ces 200 à 230 milliards d’euros d’avoirs russes gelés qui sont sur la table. Ils étaient déjà là, mais jusqu’ici ils en parlaient avec gêne ; maintenant, ils en parlent ouvertement. Parce que si Russes et Américains s’entendent, cet argent disparaîtra de la table. Il est difficile d’imaginer que l’un des présidents les mieux formés du monde, du côté russe, et l’un des présidents américains les mieux formés du monde laissent une telle somme d’argent sur la table. C’est difficile à croire. Mais les Européens pensaient que ce serait leur argent : qu’ils pourraient mettre la main dessus, pour ensuite, bien sûr, le donner à l’Ukraine. Mais à quoi l’Ukraine va-t-elle le dépenser ? Une partie servira, on le lit dans les médias, à acheter cent avions de chasse aux Français, et puis d’autres aux Allemands, aux Italiens… Il y a ici d’énormes marchés d’armement, dont les bénéficiaires finaux sont les pays d’Europe de l’Ouest. Cet argent circule, puis revient chez eux. Et plus nous nous enfonçons dans la guerre, plus les seigneurs économiques de la guerre, les « lords de la guerre », exercent une influence importante sur les décisions. À un certain point, déjà dans la Première Guerre mondiale, pardonnez-moi d’y revenir, François-Joseph, d’après les archives, aurait fini par accepter les exigences initiales des Serbes pour éviter la guerre. Mais à Berlin, les militaires lui ont dit : Trop tard, nous sommes déjà partis. Ce que je veux dire, c’est qu’au fil du temps, dans une guerre, les décisions échappent de plus en plus aux dirigeants politiques pour passer ailleurs : en partie aux militaires, en partie aux acteurs économiques. C’est pourquoi la diplomatie doit maintenir son autorité, son pouvoir de décision. Parce que c’est nous qui avons reçu mandat pour représenter l’intérêt des peuples. Si nous perdons ce pouvoir, il passe aux mains d’acteurs de guerre ou d’intérêts économiques partiels, et là, le danger commence. Donc, mon message à cette dame est : ne partez pas de vous-même. Elle est plus raisonnable et plus lucide que la plupart des dirigeants d’Europe occidentale. C’est pourquoi elle doit prendre la menace au sérieux.
Tu m’as convaincu. Très bien. J’ai oublié le nom de la dame, d’accord ? Je ne l’ai pas noté.
Peu importe, au fond, c’est elle qui avait raison.
D’accord. Zoltán Kakucska : « Le nombre de coups de langue de Jenő Csiszár n’est comparable qu’au battement d’ailes d’un colibri. » Et nous arrivons maintenant à la politique intérieure. Cette semaine, un nouveau petit bijou a éclaté. Alors attention, les classiques, il faut les citer exactement, n’est-ce pas ? J’ai donc rassemblé ce qui s’est dit : « Un document falsifié, inexistant, d’ailleurs non seulement inexistant mais falsifié, que Viktor Orbán a bricolé sur ChatGPT. » Voilà ce que serait la stratégie économique du parti Tisza. Trois phrases.
Oh !
Pourquoi, ça mériterait plus ?
Oui, je pense que oui. Parce que cette histoire de ChatGPT, c’est sérieux. Une fois, j’ai dû rédiger très vite un discours sur le thème de la neutralité économique. Et l’un de mes collaborateurs m’a dit : « Ne nous cassons pas la tête : entrons ça dans ChatGPT, il va l’écrire, regardons ce que ça donne. » J’ai dit : voyons voir ! En quelques minutes, j’ai reçu un discours qui était correct à 80 %. Je pouvais même préciser : « Fais-moi une version au ton plus radical, centrée sur la souveraineté nationale. » Et il me l’a écrite ainsi. Ce que je veux dire, indépendamment du parti Tisza, c’est qu’on voit apparaître quelque chose à l’horizon. Quelque chose avec quoi il faudra compter, qui peut être une bénédiction ou une malédiction. Je ne sais pas ce que ça deviendra, mais cela crée une séparation entre la performance réelle, le discours, l’image… et la personne, celui qui est censé en être l’auteur. Il se passe quelque chose dans le monde, et il faut s’y préparer. Parenthèse fermée. Au moins, le parti Tisza sert à quelque chose : il fait surgir des réflexions comme celles-ci. En ce qui concerne leur programme économique, Jenő, je ne peux pas en parler en deux phrases. Beaucoup de Hongrois croient qu’on peut choisir entre des tas de politiques économiques possibles, puisque tous ont d’excellentes idées : nous sommes entourés de brillants économistes qui savent ce qu’il faudrait faire. Mais la vérité, c’est que lorsqu’on assemble mesures, propositions, plans… il ne reste que deux types de politique économique sur la table : la droite ou la gauche. On pourrait analyser cela longuement, mais il y a un point clé, et je voudrais le dire, j’ai rarement l’occasion de le faire…
Alors je me cale dans mon siège.
…parce que cela a un noyau, un fond qu’il est utile d’atteindre. La différence qui sépare ces deux voies, celles entre lesquelles nous devons choisir, politiciens comme électeurs, est la suivante : où pense-t-on que l’argent est à sa place ? La gauche pense que l’argent n’a pas sa place chez les gens ni chez les entreprises : l’argent est bien placé dans les mains des responsables politiques. Parce qu’ils estiment, non sans logique, que le monde est injuste, et que ces injustices doivent être corrigées. Alors, quand une injustice apparaît dans l’économie, ils veulent intervenir : prendre l’argent, et, au lieu de laisser l’économie décider elle-même de la circulation de l’argent, ils décident, par des décisions politiques, de l’allocation. Et cela créerait un monde plus juste. C’est une idée séduisante. Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on l’a essayée, cela a mal tourné. Parce que les politiciens sont des êtres humains : ils peuvent prendre de mauvaises décisions, etc. La version extrême de cela, c’est l’économie planifiée, les réquisitions des greniers, on peut remonter jusqu’à Karl Marx. La droite pense autre chose. Elle dit : bien sûr, nous formons une communauté, une nation, une ville ; nous avons des besoins communs : police, éclairage public, soins pour les malades, soutien aux personnes âgées. Donc il faut une certaine somme d’argent pour ces finalités communes. Mais il ne faut prélever des citoyens que le montant nécessaire permettant de les couvrir. Le reste doit rester aux citoyens. Parce que ce qui est bon pour eux, c’est à eux d’en décider. Et pareil pour les entreprises : ce n’est pas à nous, mais à elles à d’en décider. C’est pourquoi la droite dit qu’il nous faut un État minimal, qui ne prend que l’argent nécessaire à ses fonctions, et laisse le reste aux citoyens. Au bout du compte, cela donne : la gauche augmente toujours les impôts, la droite les baisse toujours. C’est ce que vous voyez, mais derrière cela, il y a ces deux visions du monde. Je veux donc dire : je ne sais pas comment ils ont assemblé leur programme, mais c’est un programme purement de gauche, taillé dans le même bois. La conclusion, c’est l’augmentation des impôts. Et ce n’est pas écrit par des idiots : ils creusent au bon endroit. Par exemple, j’ai regardé l’impôt sur les chiens. Enfin, l’impôt canin, appelez-ça comme vous voulez.
Je voulais justement te poser la question.
Pardon, je n’ai pas pu vérifier la « taxe féline », parce qu’il n’existe pas de registre des chats. Je ne sais pas si c’est économiquement intéressant de tenir un tel registre. Mais pour les chiens, qu’ai-je trouvé ? J’ai trouvé qu’en Hongrie, nous avons le plus grand nombre de chiens par habitant dans toute l’Union européenne. Pour 100 Hongrois, il y a 29 chiens. Donc lorsque la gauche se demande sous quel prétexte prendre de l’argent aux gens, le chien est un prétexte parfaitement logique : puisqu’il y en a beaucoup, et que nous sommes dans le haut du classement européen, pourquoi ne pas instituer un impôt supplémentaire ? Ce que je veux dire, c’est que ces petites absurdités, pour lesquelles les électeurs distribueront leurs claques lors des élections, ne sont pas absurdes en soi : elles dessinent un monde, selon une logique de gauche. Un monde où : « Nous déciderons à votre place de ce qu’il adviendra du fruit de votre travail. » Et je crois que c’est la ligne de fracture qu’il faut garder à l’esprit en matière de politique économique.
Nous avons très peu de temps.
Non, nous avons tout le temps… jusqu’à ce que les spectateurs rentrent chez eux.
D’accord, d’accord. Alors, cela veut dire que Le Monde de mon père, c’est confortable.
Pardon, c’est très important : il ne s’agit pas du fait qu’ils soient venus pour nous, c’est nous qui sommes venus pour eux.
Monsieur le Premier ministre, si tu continues comme ça, on va finir avec une standing ovation. Il faut maintenant lire la question envoyée par SMS par un certain Zsolt Józsa. Il dit : « Pose n’importe quelle question ! De toute façon, je ne répondrai pas. Ce sera une bonne émission quand même. Bon, je demanderais quand même où est le programme économique du Fidesz, et quand le Premier ministre compte le présenter. » Lui aussi est bien intentionné, n’est-ce pas ?
Oui, oui, bien sûr.
D’accord. Bien sûr.
De toute façon, toute mauvaise intention peut être utilisée pour faire quelque chose de bon. J’ai lu cela chez Széchenyi, et je l’ai appris de lui : c’est très important, des pierres qu’on nous jette, on peut construire un escalier. Comme c’est vrai ! Par exemple, cette question manifestement malveillante pourrait me donner l’occasion, mais je ne veux pas vous ennuyer, de réciter le programme économique du Fidesz. Mais elle m’offre une occasion encore meilleure : non pas réciter le programme, mais sortir mon atout maître. Nous sommes un parti de gouvernement, et notre programme n’est pas sur le papier : il est dans la réalité. C’est ce que nous faisons ! Mon cher ami, regarde autour de toi : le voilà !
Terrible…
Je joue pour trois points, pas pour un match nul.
Terrible, terrible… parce que je dois chercher ce que je peux encore faire entrer dans l’émission. Mais nous avons dit que Le Monde de mon père devait être un peu plus musclé. Klára Dobrev a écrit.
Ah ! Eh bien, au moins nous ne nous sommes pas levés pour rien ce matin. Oui ?
Oui ? Elle dit : « Nous savons depuis 24 heures qu’il y a une victime mineure de Péter Pál Juhász, le monstre de la rue Szőlő. Combien de temps encore allez-vous défendre les pédophiles ?
À mon avis, c’est une question importante.
« Quand il a fallu défendre Semjén, vous avez parlé tout de suite. Maintenant vous vous taisez. Jusqu’à quand ? »
L’Avent est là, et je vais dire des choses dures. J’essaierai de rester doux. Mais prenons la question au sérieux pour commencer. À mes yeux, quiconque touche à un enfant doit être réduit en miettes. Il n’y a rien d’autre à dire.
Pardon, je suis sorti de mon rôle un instant.
Comme dirait ma mère : « je lui crèverais les yeux ». Et une autre chose, pour ne pas rester en dette : le mari de la dame qui a posé la question a été Premier ministre ; ils ont donc mis sur la table un bilan de gouvernement de gauche. Et ce que je vois dans les données, c’est qu’avant 2010, il y avait 80 pédophiles en prison ; depuis 2010, 700. Alors, qui protège qui ?
On peut continuer ? Le Monde de mon père…
À plus petit morceau que « réduit en miettes », je ne peux plus les découper.
Johanna Keresztesi : « Où est le fric, Monsieur le Premier ministre ? » Márk Markó et Szabolcs Zsiros : « Où sont les milliards volés à la Banque nationale de Hongrie ? »
Pour ce qui est de la Banque nationale, je peux vous dire que c’est une affaire pénible, parce que l’accusation porte sur la disparition de fonds. Mais je vous suggère de ne pas expédier cela trop vite : rappelons-nous qu’on a quand même réussi à passer d’une économie planifiée à une économie de marché ; et, dans ce monde-là, tout a un responsable. Dans l’économie actuelle, derrière chaque décision portant sur un forint, il y a des décideurs. Il y a un comptable, un directeur financier, un commissaire aux comptes, un conseil de surveillance, des organes de contrôle… Aujourd’hui, il n’est donc pas impossible de déterminer, si une somme manque, à quel niveau décisionnel elle s’est volatilisée. Et il faut le déterminer, que ce soit à droite, à gauche, Fidesz, non-Fidesz, peu importe. Il est impensable que dans n’importe quelle institution d’État, y compris la Banque nationale, on ne puisse pas rendre des comptes jusqu’au dernier centime. C’est impossible. Il faut rendre des comptes, et si quelqu’un a commis une faute, il doit recevoir ce qui lui revient. Pas de pardon. Et j’espère vraiment que ces enquêtes multiples, parce que maintenant il y a tout : Cour des comptes, police, etc., aboutiront à un tableau clair, et que chacun recevra ce qui lui revient. Mais l’argent de la Banque nationale est certes important, pourtant il est bien moindre que l’argent du pays ou du budget. Donc la question « où est le fric » ou « où est la thune », comme disait Pista Csurka Pista, dépasse largement le cadre de la Banque nationale. J’ai fait pour moi une petite compilation, parce que la bienveillance se manifeste sous cette forme partout : cette question revient dans toutes les villes. Je l’ai donc regardé : où est le fric à Kecskemét ? La rocade de contournement : elle est dedans. 57 milliards pour la rénovation des routes à l’intérieur de Kecskemét. Quatre nouvelles crèches, trois rénovations de crèche. Neuf rénovations d’écoles maternelles. Neuf modernisations d’écoles. La rénovation de l’hôtel de ville, magnifique, je l’ai vu, félicitations, l’un des plus beaux bâtiments du monde, seul celui de Subotica lui fait concurrence. L’hôtel de ville, donc. Le Lycée technique Kada Elek : 5,5 milliards déjà investis, encore 14 milliards en cours. L’Institut Kodály : 28 milliards. Nous donnons aussi des aides aux entreprises : j’ai extrait combien les entreprises de votre comitat ont reçu : 100 milliards de forints. Et pour les entreprises de Kecskemét en particulier : 23 milliards. J’ajoute encore que nous avons doublé le patrimoine national hongrois. Doublé ! Et, comme symbole, je vous rappelle qu’en 2010, lorsque j’ai pris mes fonctions pour la deuxième fois, le stock d’or de la Banque nationale était de 3,5 tonnes ; aujourd’hui il est autour de 110 tonnes. Alors, bien sûr, parce que je connais la vie, et j’y marche jusqu’aux genoux, je ne peux pas prétendre que notre gouvernement soit parfait, ni qu’il n’arrive jamais des choses qui ne devraient pas arriver. Mais je donne à chacun ce qui lui revient. Je ne veux donc pas dire que nous sommes sans faute, mais je n’accepte pas que, après quinze ans de gouvernement, il ne soit pas clair pour tout le monde que durant ces quinze années, la Hongrie s’est renforcée. Les familles se sont enrichies, les entreprises aussi, et toute la nation, ensemble, s’est enrichie. On peut faire encore mieux, et nous le montrerons, oui.
Monsieur le Premier ministre ! Nous avons déjà énormément de questions, mais nous sommes allés très loin dans notre avance… À la fin, bien sûr, nous devons régler deux choses : la goujaterie de la semaine, et le fait royal de la semaine.
Je voulais encore parler d’autre chose, ce n’est plus possible ? J’ai apporté deux ou trois idées.
Monsieur le Premier ministre, mois aussi.
Oui, oui, bien sûr. Je ne sais pas si je peux reprendre la direction de l’émission au présentateur…
Tout ce que tu veux. De toute façon, c’est toujours le présentateur qu’on fusille quand une émission dérape : on ne s’en prend jamais à l’invité.
Ne te fais pas plaindre : les journalistes sont en situation privilégiée. Je me souviens d’un match de football que nous avions joué contre la sélection des journalistes. Je m’avance au centre du terrain, en tant que capitaine, pour commencer la rencontre. Le capitaine de l’équipe des journalistes m’accueille ainsi : « Mon ami, le résultat sera de toute façon celui que j’écrirai. » Alors le journaliste, le reporter…
Elle est bonne, celle-là !
…ne vient pas se faire plaindre auprès de moi : je crois que je suis encore plus exposé. Mais je voulais absolument glisser ceci quelque part.
Je t’en prie.
…à première vue, ce sera drôle ; mais ensuite, on réalise que c’est dramatiquement sérieux, ou on peut le réaliser. Les États-Unis viennent d’adopter leur nouvelle stratégie de sécurité nationale, dans laquelle ils décrivent comment un Américain doit penser le monde, les adversaires potentiels et les partenaires possibles. C’est leur affaire, en soi, rien d’extraordinaire. Mais ils y parlent aussi de l’Europe, et là, cela devient intéressant. Que les spectateurs ne croient pas que je sois le seul à dire sur l’Europe des choses un peu extrêmes ou bizarres. Je lis ceci dans la toute nouvelle version de la stratégie américaine : « La grande majorité des Européens veut la paix, mais ce désir ne se traduit pas en action politique, en grande partie parce que leurs gouvernements bafouent la démocratie. » Tóni Rogán a peut-être une grande influence, mais pas au point d’avoir dicté cela. Et le texte continue, encore plus inquiétant que ce que j’ai dit jusqu’ici : « Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent, c’est-à-dire l’Europe, deviendra méconnaissable dans vingt ans, voire plus tôt. De ce fait, dit un Américain, il n’est absolument pas certain que les pays européens disposeront d’une économie et d’une armée suffisamment solides pour rester des alliés fiables. » Là, c’est sérieux. Cela signifie que non seulement nous voyons une transformation profonde en Europe occidentale, mais que nos alliés eux-mêmes, en observant cette transformation, considèrent que l’Europe pourrait changer au point de ne plus être un partenaire fiable pour les États-Unis. Ce texte semble technique à première vue, mais il révèle des relations profondes, des questions sur lesquelles il vaut la peine de réfléchir longtemps. Je l’ai cité pour ceux qui doutent de la gravité et du caractère dangereux des processus en cours en Europe et qui pensent que la Hongrie devrait suivre la route de Bruxelles, et que seuls les gouvernements de droite, nationaux et chrétiens seraient « trop bornés » pour voir l’évidence. Je veux leur dire : mes amis, nous ne sommes pas les seuls à dire que l’Europe va mal. Le plus grand allié de l’Europe dit exactement la même chose que nous. C’est pourquoi tout ce que nous disons et tout ce que nous observons doit être pris au sérieux et doit conduire aux conclusions qui s’imposent, jusqu’au souvenir du bombardement de Budapest. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Il faut rester indépendants, il faut rester souverains. Ce n’est pas seulement une question d’honneur ou d’estime de soi : c’est aussi une question économique. Chaque fois que la Hongrie n’a pas été maîtresse d’elle-même, elle l’a payé cher économiquement, elle y a perdu. Nous n’avons été prospères que lorsque la Hongrie était souveraine, un État indépendant, suivant son propre chemin. C’est cela que signifie, à mon avis, ce texte américain, si on le traduit en termes d’expérience hongroise.
C’est vraiment très important, si nous avions oublié ce passage, ç’aurait été dommage. Merci beaucoup ! Voilà comment peut-on avoir un super invité : il en rajoute un peu, alors que c’était déjà splendide, déjà un feu d’artifice, et il ajoute encore cette petite étincelle finale. Monsieur le Premier ministre, je te remercie beaucoup pour cela.
Et combien il en reste encore dans le sac !
Combien il en reste ? Qu’est-ce que je vais recevoir comme remarque ? Tu n’as pas lu ceci, tu n’as pas lu cela… mais il ne nous reste réellement que deux choses : la goujaterie de la semaine, et le fait royal de la semaine. Alors, le gagnant de la goujaterie de la semaine… À ton avis ? Le Tisza, qui a nié son propre paquet de mesures d’austérité et renie maintenant ses propres experts.
Bruxelles s’en sort.
Bruxelles s’en sort encore, pour l’instant. Et le fait royal de la semaine, là les bookmakers britanniques auraient sans doute misé…
Oui.
… dessus :le salaire minimum augmente de 11 %. Le salaire minimum augmente de 11 %.
Ça alors ! Je pensais le contraire. Je pensais que ce serait l’autre, parce que j’ai lu les déclarations des joueuses de l’équipe hongroise de handball féminin avant le match contre la Roumanie. Hier, c’était terrible…
Contre le Japon, en effet.
…j’ai failli mourir. Mais contre les Roumaines, tout est allé très bien. Ce n’est pas facile de s’exprimer correctement avant un match contre la Roumanie, n’est-ce pas ? On peut vite déraper. Et j’observais comment les filles s’en sortaient. Elles ont été impeccables. Elles ont dit exactement tout ce qu’il fallait, tout ce que nous pensons, sans rien dire qui puisse être retenu contre elles. Ma préférée, c’était celle qui a déclaré : « On leur va dedans, point. »
Monsieur le Premier ministre, peut-être qu’après avril, on pourrait envisager un casting là-bas aussi ? On trouverait peut-être de bonnes communicantes…
Il y en a, il y en a ! Nous avons eu ici aussi d’excellents sportifs, j’en ai entendu plusieurs aujourd’hui. Et Monsieur Szijjártó, le ministre, a raison : il faut observer les sportifs. Parce que ceux qui sortent du sport ont déjà une expérience internationale, premièrement. Cela veut dire qu’il n’y a pas besoin de les former au monde international. Deuxièmement, ils ont le cœur au bon endroit : toute leur vie, ils travaillent pour voir un jour le drapeau hongrois hissé, pour que notre hymne soit joué. Là, il n’y a pas d’erreur possible.
Oui.
Pas de déviation, pas d’accident. Troisièmement : ce sont des gens courageux. Et en diplomatie, c’est ce qu’il faut. C’est pourquoi, au service diplomatique, nous cherchons d’anciens sportifs qui ont l’envie, les capacités, et qui acceptent de se lancer dans ce travail : au service de la collectivité, dans les affaires étrangères. En politique intérieure aussi, je les cherche : j’attends ces sportifs qui ne veulent pas poursuivre leur vie comme entraîneurs ou dirigeants sportifs après leur carrière, mais qui souhaitent mettre leur énergie au service du bien commun. Ceci est donc une lettre d’invitation : nous vous attendons tous !
Monsieur le Premier ministre, je te remercie infiniment. Je n’ai qu’un regret : nous avons laissé énormément de questions de côté. Les questions continuent d’affluer, et je crois que ce premier Monde de mon père a désormais pris son envol.
Les juges de touche en décideront.
Très bien. J’avoue honnêtement que c’était passionnant. Pour moi, c’était passionnant, merci beaucoup !
Nous verrons bien.
J’aimerais continuer, moi.
Nous verrons, après chacune de ces rencontres, ce qu’en pensent les spectateurs eux-mêmes. Parce qu’une chose est de savoir comment nous, ici, nous nous sommes sentis, nous en reparlerons…
D’accord.
…mais c’est secondaire. Ce qui compte, c’est comment eux se sont sentis. Parce que ce n’est pas simple, je ne veux pas leur voler leur temps avec une sorte de séance de travail, mais ce n’est pas évident à inventer, ce genre de format. Comment se rencontre-t-on d’habitude ? Il y a des événements, des grands rassemblements : le Premier ministre arrive et prononce un discours. Mais cela fait quoi… 35 ans que nous faisons ça, non ? J’essaie toujours de dire des choses nouvelles, mais puisque je pense la même chose sur beaucoup de sujets, il m’est difficile de trouver à chaque fois quelque chose de neuf qui puisse vous intéresser. Nous cherchons donc des formats permettant de parler de vie publique, de politique, de patrie, de famille, de nos affaires communes, d’une manière qui, par son approche nouvelle, puisse être utile et stimulante pour vous aussi. C’était une expérience, Jenő.
Ah ! Un cobaye.
Nous verrons bien.
D’accord, à partir de maintenant, je suis donc le cobaye. Très bien. J’espère en tout cas avoir rendu le tout un peu plus divertissant, et avoir pu te taquiner un peu.
J’aurais pu me taquiner moi-même encore davantage, mais ce n’est pas grave, on verra ça plus tard…
Monsieur le Premier ministre, merci infiniment ! Mesdames et Messieurs, le Premier ministre Viktor Orbán.
Allez la Hongrie, allez les Hongrois !