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Discours de Viktor Orbán à l’inauguration de l’usine Flextronics Next Gen

Mesdames et Messieurs, bonjour – quelque part là-bas, dans la pénombre.

Je tiens à saluer les dirigeants internationaux et hongrois de Flextronics. Je vous remercie sincèrement de m’avoir invité à cette cérémonie. Je tiens également à saluer les responsables locaux, Monsieur le Maire, Monsieur le Député, ainsi que les représentants du gouvernement hongrois. La phrase la plus importante a déjà été prononcée. En réponse à une question qu’il s’était posée lui-même, Monsieur le Vice-président a dit ceci : « Pourquoi Zalaegerszeg ? À cause des gens. » Nous pourrions penser, de prime abord, qu’il parlait évidemment de Zalaegerszeg et de sa population, et il y a certainement beaucoup de vérité dans cela. Mais puisque Flextronics ne possède pas seulement une implantation à Zalaegerszeg, mais également plusieurs autres sites en Hongrie, nous pouvons croire que lorsqu’il a rendu hommage aux Hongrois, il ne songeait pas seulement aux habitants de Zalaegerszeg ou du comitat de Zala, mais à l’ensemble des ouvriers travaillant dans toutes les usines hongroises. Je considère que c’est là la phrase la plus essentielle, car lorsque nous cherchons à comprendre pourquoi, même aujourd’hui, dans la période la plus difficile pour l’économie européenne, marquée par les conséquences de la guerre, les grandes entreprises étrangères, puissantes, innovantes, maîtrisant des technologies de pointe, continuent d’affluer en Hongrie, alors que beaucoup, en Europe, peinent à l’expliquer, la réponse se trouve dans ces mots : elles viennent pour les Hongrois, d’abord pour nos ouvriers et nos ingénieurs, et ensuite pour l’environnement qui entoure ces usines. En Hongrie, chacun sait très bien que sans investissements étrangers de cette nature, une industrie basée sur les technologies modernes ne pourrait exister en Hongrie.

Si nous sommes ici aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, c’est parce que nous inaugurons un investissement d’une valeur de 35 milliards de forints. Il offrira à 210 personnes des emplois à haute valeur ajoutée, intégrant la recherche-développement, conformes aux standards industriels high-tech ; bref, des emplois « prêts pour l’avenir ». C’est ici qu’est implantée cette nouvelle unité de production Next Gen Mobility, qui contribuera à relever les défis les plus pressants de l’industrie automobile. Depuis Zala, c’est toute l’Europe qui sera approvisionnée en plateformes automobiles, informatiques, en systèmes liés aux batteries, ainsi qu’en une multitude d’équipements électroniques dont le commun des mortels ignore même l’existence. Pour tout cela, le gouvernement hongrois a apporté un soutien de 7,8 milliards de forints. Nous l’avons fait de bon cœur, parce que Flextronics est depuis longtemps un partenaire fiable et prévisible de la Hongrie – et nous l’en remercions sincèrement ! L’entreprise emploie 6 000 Hongrois, ce qui signifie qu’elle contribue aux moyens de subsistance de 6 000 familles, dont 4 000 rien qu’ici, à Zalaegerszeg. Grâce à cela, entre autres, le taux d’emploi dans ce comitat est passé de 58 % à 73 % au cours des quinze dernières années. La valeur réelle du salaire net moyen, comme j’ai pu l’apprendre auprès de l’administration fiscale, a augmenté de 60 % en neuf ans. Je voudrais également souligner que, depuis cinq ans, plus de personnes reviennent s’installer dans ce comitat qu’ils n’en partent, alors qu’auparavant l’exode était constant. Dans ce succès remarquable, et particulièrement important pour les habitants, Flex joue un rôle considérable.

Mesdames et Messieurs,

Si je vous ai exposé tout cela avec autant de détails, c’est parce que l’ouverture et le soutien apporté à cette usine reposent sur une question de principe profonde, une question qui touche, pourrais-je dire, à l’essence même de notre politique économique. Nous pourrions la formuler très simplement : à quoi doit-on consacrer l’argent des Hongrois ? Ou, pour le dire autrement : faut-il utiliser l’argent des Hongrois pour soutenir des investissements de ce type, et si oui, pourquoi ? En Hongrie, deux réponses radicalement différentes, deux écoles, s’opposent sur ce sujet. Certes, dans quatre mois des élections auront lieu en Hongrie, mais je ne suis pas ici pour faire campagne. Je veux simplement éclairer les choix qui s’offrent à notre pays. La première école, celle que nous suivons, considère que l’argent des Hongrois est dépensé de la meilleure façon qui soit lorsqu’il sert à soutenir de tels investissements. Nous avons toujours défendu la performance, les emplois à forte valeur ajoutée et les bons investissements qui arrivent en Hongrie. Nous sommes convaincus que ces projets rendent l’avenir plus sûr et plus prévisible : ils garantissent des emplois bien rémunérés, des parcours professionnels stables, la possibilité de fonder une famille, de devenir propriétaire, d’élever des enfants ; ils permettent de maintenir des impôts bas et d’assurer des retraites décentes. Ce sont précisément des investissements comme celui-ci, et des usines comme celle que Flex vient de construire ici, à Zalaegerszeg, qui nous permettent d’atteindre ces objectifs. Il existe bien sûr une autre école, qui affirme qu’il ne faut pas consacrer d’argent à de telles finalités. C’est une position classique de la gauche, dont nous connaissons tous le résultat : chômage, impôts élevés, endettement, et finalement appauvrissement. Je vous parle en connaissance de cause. Je l’ai vécu deux fois. Une première fois en 1998, après Lajos Bokros, et une seconde en 2010, après le gouvernement de gauche qui nous avait précédés, pour ne citer personne en un jour aussi radieux. Car, au bout du compte, ce sont toujours à nous qu’il revient d’assainir les conséquences d’une mauvaise politique économique et de réparer les dégâts.

Mes chers Amis,

Cet investissement est d’autant plus important qu’il ne faut pas oublier qu’une guerre ravage aujourd’hui l’extrémité orientale de l’Europe. Et cette guerre freine les investissements, elle paralyse les perspectives économiques de toute l’Union européenne. De plus, le poids international de l’Europe dans l’économie mondiale diminue de jour en jour. Un nouvel ordre économique mondial est en train de se dessiner et, à ce que je constate, ses pages ne sont malheureusement plus écrites sur le vieux continent. Vous le savez bien : il existe en Europe des forces qui veulent poursuivre la guerre, et cela exige de l’argent, y compris l’argent des Européens, donc celui des Hongrois. Pour cela, il faut augmenter les impôts et contracter des emprunts dont nos petits-enfants eux-mêmes paieront encore les intérêts. Si nous dépensons notre argent de cette manière, il ne nous restera jamais assez de ressources pour développer notre industrie, construire et accueillir en Hongrie des usines et des technologies modernes, comme celles que Flextronics vient précisément d’implanter ici.

Mesdames et Messieurs,

Si les choses continuent ainsi, si l’Europe persiste dans cette voie, l’industrie européenne court à sa perte, lentement mais sûrement. Le continent est déjà dangereusement en retard en matière de technologies de pointe. Il ne reste presque plus de produits européens pour lesquels la demande mondiale soit réellement forte, et même pour ceux-là, la part de marché continue de se réduire. Soyons heureux que Flextronics soit une véritable success-story. Nous avons entendu le dirigeant européen de l’entreprise : les carnets de commandes sont remplis pour des années. Cela signifie que cette usine n’est pas seulement le symbole d’une réussite par son inauguration ; grâce à ses commandes, elle est littéralement programmée pour devenir l’un des grands succès industriels des prochaines années ici, en Hongrie.

Mesdames et Messieurs,

Je dois vous dire que, même si l’Europe s’apprête à traverser une période particulièrement dangereuse, cela ne signifie pas que cette époque ne puisse pas offrir également des opportunités pour nous. Et dans l’exploration comme dans l’exploitation de ces opportunités, le comitat de Zala joue un rôle de pionnier. C’est ici qu’a été construite l’une des pistes d’essai automobile les plus modernes d’Europe, le ZalaZONE, que nous devons, je peux bien vous l’avouer dans ce cercle, essentiellement à Monsieur le ministre Palkovics. L’idée lui revient, tout comme le choix du site, et depuis, plusieurs entreprises de haute technologie et centres de développement ont trouvé ici leur place.

Mesdames et Messieurs,

Désormais, c’est cette usine qui produira et développera les composants et les nouveaux produits d’un secteur automobile moderne, et qui sait encore quelles autres innovations de l’automobile du futur. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que, même si l’avenir s’annonce imprévisible et risqué en Europe, nous soyons capables, ici en Hongrie, de rendre cet avenir prévisible et sûr. Et si nous ajoutons à cela le fait que 70 % des fournisseurs de Flex sont encore aujourd’hui des entreprises hongroises, et que 98 % des produits fabriqués ici sont destinés à l’exportation, vendus donc hors de Hongrie, alors c’est une image très encourageante, pour ne pas dire éclatante, qui se présente à nous. Lorsque j’étais soldat ici, au tout début des années quatre-vingt, puis lorsque, après avoir fondé mon parti, on m’a rappelé aussitôt pour un nouveau service de six mois, j’ai accumulé environ un an et demi d’expérience personnelle dans cette région. Je me souviens qu’à l’époque communiste, on surnommait cette région la « sombre Zala ». Je crois que les trente dernières années ont apporté une réponse cinglante à ceux qui pensaient ainsi. Et nous ne parlons pas seulement d’un endroit qui a cessé d’être sombre : nous parlons d’un lieu qui est devenu l’un des principaux centres hongrois du savoir, de la technologie et de l’innovation, un lieu qui ne retient pas la lumière, mais d’où elle rayonne vers les domaines les plus éloignés de l’industrie hongroise.

Mesdames et Messieurs,

Ce qui est en train de voir le jour ici ne fonctionnera pas seulement aujourd’hui, mais fonctionnera aussi demain, espérons-le dans la paix et la sécurité. Je souhaite dire clairement et fermement aux investisseurs que la stabilité et la prévisibilité de l’environnement, qu’il s’agisse de la question de la paix ou de la guerre, de la politique industrielle, du système fiscal, ou encore du soutien apporté à ce type d’investissements et de développements, tout cela, c’est le gouvernement national et de droite de la Hongrie qui vous le garantit pour l’avenir. Je félicite l’entreprise pour cette nouvelle usine, je souhaite beaucoup de succès à Flex, beaucoup de succès aux travailleurs hongrois qui y œuvreront, beaucoup de succès aux habitants de Zala, et à la Hongrie tout entière ! Je vous remercie de m’avoir écouté.

Allez la Hongrie, allez les Hongrois !

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