SHARE

Conférence de presse internationale de début d’année de Viktor Orbán

Merci beaucoup, Zoltán. Bonjour à toutes et à tous !

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de souhaiter une excellente année à celles et ceux qui ont choisi d’ouvrir la saison politique avec nous, ici aujourd’hui. Je vous adresse à toutes et à tous mes vœux les plus sincères de réussite et de bonheur pour cette nouvelle année. De très nombreuses questions se posent concernant l’année 2026. Ma tâche, avec l’aide de Monsieur le Ministre, est d’y apporter des réponses. Si vous me le permettez, avant d’entrer dans cet échange, je souhaiterais introduire brièvement notre rencontre, dire quelques mots sur l’année 2025, puis partager ma vision des enjeux majeurs de 2026.

Ce que nous savons tous de 2025, c’est qu’il s’est agi d’une année particulièrement intense, non seulement de votre point de vue, mais aussi du mien, et de celui du gouvernement. J’ai d’ailleurs préparé un résumé statistique plutôt aride : en 2025, j’ai participé à 82 rencontres de chefs d’État et de gouvernement, ainsi qu’à 25 sommets internationaux. Mais ce qui est bien plus intéressant, c’est que 2025 a été l’année où il est devenu évident pour tous qu’un cycle s’était achevé dans la politique internationale. L’entrée en fonction du président Trump a porté le coup de grâce à l’ancien ordre. Dès lors, en 2026, nous vivons déjà pleinement dans une nouvelle ère. Il ne fait aucun doute que d’innombrables débats verront le jour pour définir l’époque qui s’est achevée, en saisir les contours conceptuels et linguistiques, et décrire l’ère nouvelle qui s’ouvre devant nous. Pour notre part, nous adoptons une approche simple : nous appelons l’ère qui s’est achevée en 2025 l’ordre mondial libéral, un système régi par ses propres règles, disons, par ses règles anciennes, qui ne sont désormais plus valables. Les Hongrois devront apprendre à évoluer, en 2026, dans un monde régi par de nouvelles règles. L’époque dans laquelle nous entrons, nous la qualifions d’ère des nations. Avec humilité et retenue, nous estimons même que, depuis 2010, nous en avons été les précurseurs.

Cette nouvelle ère soulève trois ou quatre questions essentielles, sur lesquelles je souhaiterais dire quelques mots. En Europe, la question la plus déterminante est celle de la guerre ou de la paix. La mission du gouvernement hongrois est ici clairement identifiable : tenir la Hongrie à l’écart des dangers de la guerre. Nous devons nous efforcer de faire en sorte que cette période de menaces qui s’ouvre devant nous représente, pour la Hongrie, le minimum possible de défis et d’épreuves.

Un autre enjeu majeur de cette nouvelle ère, et j’en suis convaincu, nous en parlerons abondamment au cours des dix prochaines années, est la question de l’énergie. Et ce, pour deux raisons. D’une part, la souveraineté, la souveraineté des nations, dépend de plus en plus étroitement de la capacité à assurer son autonomie énergétique. D’autre part, il ne s’agit pas seulement d’une question de souveraineté : c’est manifestement aussi l’un des enjeux centraux du progrès technologique. Car les nouvelles technologies qui s’imposent progressivement dans nos vies : les grands centres de données, l’intelligence artificielle, ont des besoins énergétiques qui augmentent en permanence, par ordres de grandeur, à une vitesse presque impossible à suivre. Les pays qui seront capables de fournir à ces nouveaux secteurs industriels une énergie abordable, si possible bon marché, auront une chance réelle de devenir les gagnants de cette nouvelle ère technologique. Ceux qui ne disposeront pas de cette capacité, ceux qui ne sont pas souverains du point de vue de leur approvisionnement énergétique, qui ne sont pas en mesure d’offrir ces services, prendront du retard. Pour la Hongrie, la tâche est claire : disposer d’une chaîne d’approvisionnement solide, d’infrastructures sûres, et de grandes entreprises énergétiques stables et puissantes. J’estime que l’approvisionnement et la sécurité énergétiques de la Hongrie sont garantis, que notre indépendance est assurée, et que nous sommes également capables de produire l’énergie nécessaire au développement de nouvelles capacités. Cela a naturellement exigé des ajustements, voire des compléments, à notre politique énergétique antérieure, et a rendu nécessaire la présence d’entreprises hongroises, en tant que producteurs et propriétaires, dans différentes régions du monde. Nous sommes aujourd’hui présents, avec ces capacités, dans un nombre croissant de pays. Je dois ici faire une remarque concernant les réglementations sur le gaz et le pétrole, dont une partie est élaborée à Bruxelles, et qui sont préjudiciables à la Hongrie, en particulier la volonté de couper notre pays des approvisionnements en pétrole et en gaz en provenance de Russie. Selon les intentions bruxelloises, cette mesure entrerait en vigueur à partir de 2027. La Hongrie se défend de deux manières. D’une part, sur le plan juridique. Dès que les décisions déjà prises entreront juridiquement en vigueur, ce qui est attendu d’ici la fin du mois de janvier, nous engagerons naturellement une procédure contre la Commission de Bruxelles, pour deux raisons. Premièrement, parce qu’il y a un abus manifeste de base juridique. Ces réglementations ont en réalité un caractère sanctionnateur, mais elles sont aujourd’hui présentées comme des décisions de politique commerciale. Or, selon qu’on classe ces mesures dans l’une ou l’autre catégorie, les procédures juridiques applicables sont différentes. Nous sommes donc confrontés à un détournement de base juridique. Deuxièmement, parce que le traité fondamental attribue de manière parfaitement explicite la question du « mix énergétique », c’est ainsi qu’on l’appelle à Bruxelles, à la compétence nationale. Chaque pays a donc le droit souverain de définir son propre système d’approvisionnement énergétique. Ce droit ne peut en aucun cas être retiré. Par ailleurs, nous menons également une action politique contre cette réglementation bruxelloise. Notre espoir, et c’est ce que nous cherchons à favoriser par notre travail, est que, d’ici 2027, la situation de guerre actuelle prenne fin, qu’un nouvel équilibre s’instaure entre la Russie et l’Ukraine, que les sanctions soient levées, et qu’en l’absence de sanctions, cette décision européenne perde d’elle-même toute raison d’être. À titre incident, ou entre parenthèses, je note que la réglementation des prix actuellement en vigueur à Bruxelles augmente le coût de l’énergie d’environ 20 % en Europe. Si le dispositif connu sous le nom d’ETS 1 n’existait pas, les prix de l’énergie pourraient être immédiatement inférieurs de 20 % sur le continent. S’il y a des questions, je serai également disposé à évoquer la menace que représente l’ETS 2 à l’horizon, contre laquelle nous devrons aussi nous défendre, et qui entraînerait une hausse d’environ 27 % du prix du gaz, ainsi qu’une augmentation de 8 à 10 % des prix des carburants dans toute l’Europe.

La deuxième, et en réalité la troisième grande question de l’année 2026 et de cette nouvelle ère concerne un dossier ancien : la migration, ou, en termes juridiques, la mise en œuvre du pacte migratoire adopté par Bruxelles. Ce pacte migratoire devrait s’appliquer à partir du 12 juin 2026. Selon la décision bruxelloise, la Hongrie devrait examiner 23 000 demandes d’asile en l’espace d’un an. Cela ne serait possible, ou ne pourrait l’être, qu’à condition de créer un centre d’hébergement de 10 000 personnes, appelons-le un camp de migrants. La Commission a également décidé que nous devrions accueillir 350 personnes, des migrants qui n’ont pas déposé leur demande en Hongrie, mais dans d’autres pays d’Europe occidentale, que nous devrions reprendre à notre charge et dont nous devrions traiter les dossiers sur notre territoire à partir de juin 2026. La position du gouvernement hongrois est inchangée : nous ne reprendrons aucun migrant en provenance d’aucun pays d’Europe occidentale ; nous ne construirons pas de camp de réfugiés ; nous ne modifierons pas le régime de protection des frontières ; et nous ne deviendrons pas un pays d’immigration. Nous n’acceptons pas que Bruxelles nous dise avec qui nous devons vivre. Par le passé, certains pays d’Europe occidentale ont déjà voulu nous dire avec qui nous ne devions pas vivre ; cela ne s’est pas bien terminé. Aujourd’hui, ils veulent nous dire avec qui nous devrions vivre, et si nous acceptions cela, le résultat ne serait pas meilleur.

Enfin, la quatrième grande question de 2026, et de cette nouvelle ère, est celle des perspectives de développement : la Hongrie a-t-elle une chance de se développer à une époque où la plupart des pays de l’Union européenne mettent en œuvre des politiques d’austérité, et où l’économie européenne est en phase de ralentissement ? Est-il réaliste de viser une Hongrie forte, une Hongrie en développement, où les Hongrois vivent mieux ? Nous estimons que oui. C’est un objectif réaliste. Par conséquent, même dans cette nouvelle ère, nous ne devons pas renoncer à nos objectifs économiques et de développement. Il est incontestable que le développement nécessite des ressources financières. On ne peut financer le développement que si l’on ne donne pas son argent à d’autres. Si vous le donnez, il n’en reste plus pour vos propres objectifs. Cela signifie que nous ne donnerons pas l’argent des Hongrois à l’Ukraine. La Hongrie ne participera ni à des prêts de guerre accordés à l’Ukraine, ni à des aides financières versées à l’Ukraine. Les ressources économiques dont nous disposons seront mobilisées dans l’intérêt des Hongrois. L’argent que nous avons sera consacré à la Hongrie et aux familles hongroises. Nous n’accorderons pas de prêts de guerre et n’y participerons pas non plus. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une tromperie : on appelle cela un prêt, mais tout le monde sait que les Ukrainiens ne le rembourseront jamais. Il serait donc plus juste, et plus exact, de parler d’un soutien financier. Naturellement, nous n’enverrons pas de soldats et nous n’enverrons pas non plus d’armes. Mais ce qui est peut-être moins évident, c’est que nous n’acceptons pas non plus les décisions bruxelloises qui visent à transformer les économies des États membres en économies de guerre. Nous sommes convaincus que le passage à une économie de guerre ne sert pas la cause de la paix et, de surcroît, ne sert pas non plus les intérêts économiques des États membres. Sur cette base, la Hongrie a décidé de rester en dehors de cette économie de guerre et de construire, à la place, une économie de paix. Nous sommes convaincus que c’est cette voie qui ouvre des perspectives de développement. Avec toute la modestie requise, nous appelons cela la voie hongroise, par opposition à la voie bruxelloise de la guerre.

Parce que nous construisons une économie de paix, des mesures ont été prises en Hongrie, et entreront en vigueur à partir du 1ᵉʳ janvier, qui sont aujourd’hui inimaginables en Europe occidentale. Tout d’abord, au 1ᵉʳ janvier, nous nous achevons la mise en œuvre du doublement des avantages fiscaux accordés aux familles. Ces allègements ont déjà été augmentés de 50 % à compter du 1ᵉʳ juillet ; ils seront à nouveau relevés de 50 % à partir du 1ᵉʳ janvier. À partir du 1ᵉʳ janvier, les mères de moins de 30 ans ayant un enfant seront exonérées de l’impôt sur le revenu ; les mères de moins de 40 ans ayant deux enfants bénéficieront également de cette exonération. Le salaire minimum augmentera de 11 %. Un programme de réduction de l’impôt sur les sociétés sera lancé, pour un montant d’environ 90 milliards de forints. Nous instaurons un quatorzième mois de pension. Nous poursuivons notre programme de prêts à taux fixe de 3 % destiné à l’acquisition du premier logement. À compter du 1ᵉʳ février, nous verserons la prime exceptionnelle correspondant à six mois aux membres des forces armées et des forces de sécurité. Nous poursuivrons la revalorisation des salaires des enseignants : d’ici la fin de l’année, nous souhaitons porter leur salaire moyen à 936 000 forints. Dans l’administration publique, y compris l’administration territoriale, dans le secteur social et dans le secteur culturel, une augmentation salariale de 15 % sera appliquée. Pour les personnels de la justice, un programme de trois ans a été lancé en 2025 ; il se poursuit cette année et s’achèvera en 2027. Les salaires des juges augmenteront de 48 %, ceux des assistants judiciaires de 89 %, et ceux des personnels des tribunaux de 100 %, autrement dit : ils doubleront. Par ailleurs, une nouvelle mesure verra le jour : le lancement d’un programme de stockage d’énergie à destination des ménages. Dans ce cadre, une aide de 2,5 millions de forints pourra être demandée par les familles qui utilisent déjà des panneaux solaires, ou qui envisagent d’en installer à l’avenir. Chacune de ces mesures, prise isolément, constituerait déjà une performance remarquable. Ensemble, elles représentent tout simplement un résultat exceptionnel : au cœur même d’une politique économique européenne fondée sur l’austérité, la Hongrie est capable de prendre ces décisions et de les mettre en œuvre.

Enfin, je souhaiterais dire un mot sur le fait que, comme vous le savez, des élections législatives auront lieu en Hongrie en 2026. À la lumière de ce que je viens d’exposer, notre lecture des choix qui s’offrent au pays est simple : ou bien nous suivons la voie bruxelloise, qui mène à la guerre et aux restrictions économiques ; ou bien nous suivons la voie hongroise, qui apporte la paix et des perspectives de développement à la Hongrie, permettant un pays plus fort, une économie plus forte et une vie meilleure pour les Hongrois.

Je crois avoir dit l’essentiel de ce que je souhaitais partager. Merci beaucoup de votre patience. Si vous avez des questions, je suis à votre disposition.

FOLLOW
SHARE

More news