Merci beaucoup, Monsieur le Président !
Bonjour à toutes et à tous. Je tiens à remercier Monsieur le Président pour son invitation et pour m’avoir permis de participer à cette visite. Mon tout premier mot sera donc, moi aussi, un mot de remerciement. Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont travaillé ici, qui, par leur bonne volonté, leurs idées ou leurs actions, ont soutenu l’agrandissement de cet hôpital.
J’ai conclu trois accords avec Monsieur le Président, trois accords d’envergure, lorsqu’il a obtenu la confiance de la communauté juive de Hongrie. Le premier concernait précisément cet hôpital : je peux donc dire que j’ai rempli une partie de mes engagements. Il en reste deux, et nous les aborderons également dans la période à venir. Nous avons tout à l’heure passé en revue, avec Monsieur le Président, l’état d’avancement de ces projets, notamment la rénovation du séminaire rabbinique, et nous sommes tous deux confiants. L’État a, lui aussi, apporté sa contribution à cet investissement. Comme l’a rappelé le Président, ce processus a débuté en 2018, et l’État hongrois a pu y consacrer 8,5 milliards de forints. Nous menons actuellement une reconstruction complète de notre système de santé à l’échelle nationale. Nous avons rénové 91 hôpitaux, 54 centres de consultations et 107 stations de secours. Ici, à Budapest, nous avons modernisé 13 hôpitaux. Mais l’hôpital juif me tient particulièrement à cœur. Je constate en effet que là où les patients sont pris en charge dans des établissements gérés par des communautés religieuses, il en ressort quelque chose de particulier, une qualité singulière. Les hôpitaux publics accomplissent, eux aussi, un excellent travail : on y retrouve le sens du devoir civique propre à toutes les vocations. Mais dans les établissements confessionnels, à cela s’ajoute un engagement religieux, quelque chose que l’on ressent dans l’atmosphère même du lieu, dans la manière dont les soins sont prodigués. Je me réjouis que nous soyons enfin parvenus à un stade où nous n’avons plus à rougir : catholiques, réformés comme communauté juive disposent désormais, ici à Budapest, d’un hôpital digne, respectable, offrant des soins de grande qualité. Et c’est ainsi que les choses doivent être.
L’histoire nous enseigne. La vraie question est de savoir si nous avons des élèves. Avant de venir ici, j’ai relu l’histoire de cet hôpital, et voici ce qui me semble digne d’être rappelé. Avant la Seconde Guerre mondiale, quatre hôpitaux juifs fonctionnaient à Budapest. Deux ont été nationalisés et jamais rendus à la communauté juive ; un a été incendié par les Croix fléchées ; et un seul, celui-ci, est revenu à la communauté. C’est pourquoi il est juste, aussi au regard de l’histoire, que cet établissement soit au centre de notre attention. Et si trois des quatre ont disparu, alors que le quatrième soit un lieu dont nous pouvons tous être fiers. La cause première de cette destruction, c’était la guerre – et tout ce que la guerre peut faire ressortir de pire chez l’être humain. C’est pourquoi, aujourd’hui, il est essentiel de nous rappeler que la guerre est une chose mauvaise, et la paix une chose bonne ; et que ce qui est souhaitable, c’est que la vie soit paisible dans l’environnement de la Hongrie, plutôt que marquée par les conflits.
J’ai déjà mentionné l’engagement que j’ai pris envers Monsieur le Président. Certes, nous pourrions invoquer le fait que la guerre freine la croissance économique, ce qui est vrai, mais ce ne serait pas correct de modifier un accord en nous abritant derrière cet argument. Je réaffirme donc que tous les accords conclus avec le MAZSIHISZ seront honorés, indépendamment de la guerre et de ses conséquences économiques.
Pour le reste, Monsieur le Président, je souhaite une vie juive hongroise paisible, sûre et épanouie à toute la communauté juive de Hongrie !