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Discours de M. Viktor Orbán, premier ministre de Hongrie, à l’occasion du 171ème anniversaire de la révolution et de la guerre d’indépendance de 1848/49

Monsieur le Premier ministre, chers présents, chers Hongrois d’en-deçà et d’au-delà des frontières,

Les Polonais sont aujourd’hui ici avec nous. Ils sont avec nous aujourd’hui aussi, comme ils l’ont été jusqu’au bout en 1848 et en 1849, et encore au cours du XXème siècle. Monsieur le Premier ministre, veuillez recevoir les très cordiales salutations des Hongrois. Sans les Polonais, la Hongrie ne serait aujourd’hui pas libre, et il n’aurait pas été possible non plus de réunifier l’Europe. Les Polonais nous ont donné le pape Saint Jean Paul II, et nous ont donné aussi Solidarnosc. Par cela, vous avez changé l’Histoire, grâce à vous nous avons pu retrouver notre liberté et l’indépendance de nos nations. Les Hongrois se découvrent devant lui et rendent hommage au peuple polonais.

La Pologne occupe une place à part dans le cœur des Hongrois. Pour certains, une amitié aussi étroite entre deux peuples ne peut être qu’une légende romantique et ne correspond pas aux lois impitoyables de la politique moderne. Mais nous, Hongrois et Polonais, nous le ressentons ainsi depuis mille ans, et nous croyons que la vie elle-même est une gigantesque aventure romantique, qui ne vaut pas un clou sans véritables amis. L’histoire de nos souffrances du XXème siècle a été commune. Nous savons ce que signifie être amis dans les temps difficiles. Mais maintenant, nous nous préparons à un autre avenir. A un renouveau spectaculaire de l’Europe centrale, aux retrouvailles avec notre grandeur d’autrefois. Nous nous préparons à une renaissance centre-européenne d’une force irrésistible et qui nous mènera loin. Aujourd’hui, nous pouvons être amis en une époque tournée vers le haut, où nous pouvons enfin vivre comme nous l’avons toujours souhaité.

Mes amis, je me suis rendu récemment en Pologne. J’y ai vu que si nous voulons tenir le rythme du développement de ce pays, nous devons nous retrousser les manches. La Pologne est le pays le plus vaste de l’Europe centrale, elle la domine. Lorsque l’on agresse la Pologne depuis Bruxelles, c’est toute l’Europe centrale, et en son sein nous les Hongrois, que l’on agresse. Aux bâtisseurs d’empires qui souhaitent étendre leur ombre sur l’Europe centrale, nous voulons dire ceci : ils devront toujours compter sur la force du lien qui unit les Polonais et les Hongrois.

« Ils ne se sont pas encombrés de précautions, ils y sont allés et ils ont fait le 15 mars avec un poème et le cliquetis de sabres de papier. Et c’est de cela que nous vivons ». Ce sont les mots du grand écrivain hongrois Kálmán Mikszáth. Sept générations sont passées depuis ce premier 15 mars, et nous vivons toujours du serment que nous faisons au Dieu des Hongrois que nous ne renoncerons pas à la liberté et que nous rejetterons l’esclavage. Le serment collectif de la nation signifie que tout Hongrois se solidarisera de tout Hongrois, et que tout Hongrois se solidarisera collectivement de la Hongrie. « Nous jurons sur le Dieu des Hongrois, nous le jurons, que plus jamais nous ne serons esclaves ».

Le 15 mars est la promesse de l’unité de la nation. Que règnent la paix, la liberté et la concorde – c’est ainsi que commence la douzième revendication. Elle nous rappelle qu’au-dessus des discussions et des débats quotidiens il faut qu’il y ait un but national commun qui nous rassemble. Aujourd’hui encore, tous ces Hongrois si différents, ces millions d’aspirations tirant dans tous les sens sont embrassés par la volonté commune qu’en Hongrie une nation libre puisse vivre dans un Etat indépendant qui lui soit propre.

Depuis 1848, le temps a fait le tri entre le vrai et le faux. Il a fait disparaître ce qui s’est révélé négligeable et seule la vérité a subsisté sur le dessus du tamis. Cette vérité est que les Hongrois ont droit à leur patrie, qu’ils ont droit à leur vie propre de Hongrois telle qu’ils la souhaitent. Des temps difficiles peuvent survenir, comme cela a été le cas aussi après 1848, lorsque la force brute des occupants et l’alignement adverse des étoiles viennent bousculer cette vérité et la jettent sur le côté de la route. Il faut vivre aussi dans les temps difficiles. Il y a eu des temps où nous ne pouvions pas vivre comme nous le voulions, seulement comme nous le pouvions. Mais la vérité n’en reste pas moins la vérité, parce que les idéaux se situent toujours au-dessus de la réalité. Il y a des moments où nous devons vivre dans la réalité du compromis, mais où nous rêvons de Lajos Kossuth, et il y a des moments où nous devons vivre dispersés, mais où nous rêvons de notre patrie commune. Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas d’empire assez puissant ni assez madré qui puisse y changer quoi que ce soit. Nous n’avons pas besoin de mots pour savoir de quoi rêvent nos compatriotes. C’est notre vraie force.

L’illustre maréchal polonais Piłsudski a dit que la défaite sans soumission est une victoire. Ce n’est pas seulement vrai pour les Polonais, mais aussi pour les Hongrois. Nos guerres d’indépendance ont eu beau se terminer régulièrement par de nouvelles occupations, l’on ne nous a jamais véritablement vaincus. Ici, à l’ombre des empires, au carrefour des civilisations, nous avons finalement toujours gagné les guerres que nous avons menées pour la subsistance de notre patrie, pour le maintien de notre nation et pour notre culture chrétienne. Nous avons été, nous sommes et nous serons. Le nom des Hongrois sera toujours beau, il sera toujours digne de sa renommée passée. Il en sera ainsi encore et toujours, tant que le monde sera monde. C’est le plus grand triomphe qu’une nation européenne comme la nôtre puisse remporter sur les empires.

Les Anciens nous ont appris que l’homme restera toujours un enfant s’il ne sait pas ce qui s’est passé avant sa naissance. Nous sommes une nation adulte, et nous savons ce que nous devons savoir. Nous savons que nos ancêtres qui sont venus occuper le Bassin des Carpates ont choisi la patrie libre de l’Occident au lieu de la soumission à l’empire. Nous savons que c’est de leur propre volonté que les chefs de tribu ont élevé au-dessus d’eux la dynastie des Árpád. Nous savons aussi que c’est de leur propre volonté qu’ils ont pris parti pour la chrétienté et le christianisme. Et ce droit à décider librement, ils l’ont défendu de toutes leurs forces face aux Ottomans, aux Habsbourg et aux Soviétiques. Nous savons donc que l’étoile qui guide l’Histoire des Hongrois est la liberté, et que le fil conducteur en est la succession des guerres d’indépendance qui ont jalonné cette histoire. Nous savons aussi que la pensée de la liberté est issue de la pensée chrétienne. Tout homme est également libre et égal devant Dieu, qu’il soit riche, pauvre ou le fils de n’importe quel peuple. De la même manière, toutes les nations sont égales entre elles, quelle qu’ait été – heureuse ou malheureuse – leur histoire. C’est pour cette raison que notre Loi fondamentale reconnaît la force de cohésion de la nation. Sans culture chrétienne, il n’y a pas de liberté hongroise, et il n’y a pas de Hongrie libre non plus. Et il en est ainsi indépendamment de notre relation personnelle avec le Bon Dieu. Nous souhaitons aux peuples d’Europe qu’ils se défassent du voile qui couvre leurs yeux, afin qu’ils puissent voir et comprendre que sans culture chrétienne il n’y aura pas de vie libre en Europe, que si nous ne défendons pas notre culture chrétienne nous perdrons l’Europe, et alors l’Europe n’appartiendra plus aux Européens. Nous souhaitons aux peuples d’Europe qu’ils décillent leurs yeux, et qu’ils réalisent que dans un empire européen libéral nous perdrons tous notre liberté. Seul le fils d’une nation libre, et non le sujet d’un empire, peut être un homme libre. L’homme européen ne peut être heureux que s’il est en position de décider lui-même de son sort personnel et de celui de sa nation.

Le jour des élections au Parlement européen approche. Encore dix semaines, et il frappera à notre porte. Nous autres Hongrois devons, comme les autres, concevoir clairement ce que nous voulons, ce que nous pouvons vouloir. Aucune nation ne peut vouloir autre chose que ce qui fait l’essence de son histoire. Nous, les Hongrois, avons été ceux qui ont combattu le plus longtemps en 1848. Nous l’avons été aussi en 1956, lorsque nous nous sommes soulevés contre l’armada soviétique, contre l’armée la plus puissante du monde. Et nous l’avons été encore, lorsque nous avons arrêté l’invasion migratoire dirigée sur l’Europe aux frontières méridionales de la Hongrie. Et nous le sommes en ce moment même, nous qui voulons une Europe forte, des Etats-nations forts avec des dirigeants forts à la tête de l’Europe, qui exportent les aides au lieu d’importer les problèmes. Nous voulons un nouveau commencement, pour arrêter le déclin de l’Europe, mettre fin au délire des Etats-Unis d’Europe et faire en sorte que l’Europe appartienne à nouveau aux Européens.

La Hongrie est un pays fantastique, merveilleusement situé, doté d’une culture particulière et d’une population douée. Nous en sommes fiers, et nous aimons notre pays. Aimer la Hongrie, cela veut dire ne pas cesser d’unifier les Hongrois. En Hongrie, s’il y a la liberté, il y a tout. Une heureuse ère de paix, la sécurité, beaucoup d’enfants, un pays en développement, une nation forte. Pour nous, la liberté n’est pas un but, mais la voie qui nous mène à nos buts. Et nous autres Hongrois, nous voulons des choses simples, comme c’était déjà le cas en 1848 : une patrie, un bon voisin, un partenaire compréhensif, une famille aimante et un travail qui ait un intérêt, un sens et un fruit. C’est pour cela que pour nous la liberté n’est pas un concept abstrait, mais la vie elle-même, avec sa respiration, sa circulation sanguine et les battements de son cœur. Et parce que nous sommes libres, la vie nous promet des choses excellentes. Les années à venir prouveront que nous, les Hongrois, ne sommes pas venus au monde pour souffrir de la vie, mais pour lui donner un sens. La Hongrie avant tout, et le Bon Dieu au-dessus de nous tous !

Vive la Hongrie, vivent les Hongrois !