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Discours tenu par Viktor Orbán à l’occasion de la réunion de début d’année organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Hongrie

Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Cher Mihály, Monsieur le Ministre des Finances, Mesdames et Messieurs, chers membres de la Chambre de Commerce et chers curieux,

Maintenant je vais vous parler de deux choses. Tout d’abord je vais dresser le bilan du plan d’action pour la protection de l’économie. Le plan en question avait été lancé en mars 2020 et il a pris fin le 1er janvier 2021. Par la suite, je vais vous faire connaître en grandes lignes l’essentiel du plan d’action de relance économique. Celui-ci sera réalisé en trois étapes, j’en parlerai plus longuement plus tard ; la première période a commencé le 1er janvier et se terminera le 1er avril, la deuxième période commencera le 1er avril et se terminera le 1er juillet, alors que la troisième étape de ce plan de relance économique débutera le 1er juillet et prendra fin vers le mois d’octobre 2021. Il s’agit là, n’est-ce pas, de deux plans d’action : le premier est destiné à la protection de l’économie, alors que le deuxième est au service de la relance économique. Nous avons clôturé le plan d’action de protection économique et je pourrai dire en utilisant un vocabulaire sportif qu’au cours du plan d’action de protection économique nous étions sur la défensive, alors qu’en lançant le plan d’action de relance économique nous sommes passés à l’attaque.

Dressons tout d’abord brièvement le bilan de la défensive économique, c’est-à-dire celui du plan d’action de protection économique. Comme nous le savons tous ici, nous étions remplis de grands espoirs au tout début de la nouvelle année. Ceux-ci n’étaient pas dénués de tout fondement, étant donné que les années 2010, telles que le président de la Chambre et le ministre des Finances viennent de les présenter, avaient été particulièrement encourageantes pour la Hongrie. À époque, nous avons pu atteindre des records sur le plan économique que nous n’avions pas réussi à réaliser précédemment. Cela revient à dire que lorsque la crise du virus, je veux dire que quand la pandémie nous a frappés, le déficit budgétaire du pays n’a pas atteint un niveau élevé, grâce en soit rendue à Monsieur le Ministre des Finances, la dette publique était également maintenue dans des limites raisonnables en ayant même une tendance descendante, grâce en soit rendue tant au Ministre de Finances qu’au Président de la Banque nationale du pays. Même le niveau de l’emploi, c’est-à-dire le nombre de gens travaillants, a atteint un record, grâce en soit rendue aux entrepreneurs et, par ce biais, même au Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Les revenus ont augmenté, ce qui avait comme résultat que la pauvreté a diminué dans la même mesure, et la Hongrie a exercé un attrait certain sur les investisseurs, ce qui a atteint un ni, veau élevé même en comparaison internationale. Mais la pandémie nous a frappés et, en dépit de nos espérances, l’année 2020 ne s’est pas annoncée comme la prolongation de l’année 2019 : elle a bel et bien inauguré en Hongrie une période tout à fait inédite, celle de la défensive. Néanmoins, cette crise n’a pas pu donner un coup décisif à l’économie hongroise, puisque celle-ci était bien ancrée dès le départ, mais elle nous a jugulés tout de même, elle nous a pourtant donné un coup de poing puissant dans l’estomac et, comme cela arrive souvent en pareils cas, le résultat en était que l’on s’est mis à tourner au ralenti. Nous étions dans une situation ressemblant à celle des bêtes d’autrefois qu’on avait jugulées en attachant avec une corde leurs cornes à leurs pieds, c’est de là que vient l’expression « être captivé » qui, de nos jours, a un, sens tout différent de ce qu’elle avait eu à l’époque mais, quoi qu’il en soit, une corde c’est une corde, donc nous avons redouté que notre tête serait attachée à nos pieds et, bien sûr, quand on est ligoté, on ne peut plus bouger. Cela ne s’est pas produit pour autant. Je partage l’opinion exprimée par le président de la Chambre de commerce qui disait qu’une grande partie de l’économie hongroise n’a pas cessé de fonctionner pendant les moments difficiles de la crise, une partie importante en a même bien fonctionné. En effet, elle avait même une partie qui s’est complètement bloquée : il s’agit là surtout des activités liées en premier lieu aux prestations de services, au tourisme et à l’hébergement. C’est donc dans ces circonstances-là que nous avons lancé notre plan de protection et que nous nous sommes attaqués à le réaliser.

À quels moyens avons-nous eu recours ? Tout d’abord, nous avons introduit un moratoire dans le cadre du plan d’action, dans le cadre de ce plan d’action de protection économique. C’est là une expression neutre et même pas très jolie qui ne reflète pas l’importance de ce qu’elle recèle. Eh bien, il n’est peut-être pas inutile de souligner à cet égard que nous avons accordé des subventions à cinquante mille petites et moyennes entreprises, de même qu’à un nombre élevé de ménages, à plus d’un million de familles. Le montant total en représente 3 000 milliards de forints, car c’est la somme qui est restée dans la poche des familles et des entrepreneurs. C’est là un montant à verser plus tard, mais pas maintenant, pas pendant la crise. Par surcroît, nous avons également accordé des compensations salariales. Dans les secteurs les plus touchés, nous avons pris à notre charge la moitié du montant des salaires et nous avons annulé la contribution sociale, Monsieur le Ministre des Finances avait le cœur lourd quand il a renoncé à cette recette, et nous avons même réduit de moitié la taxe professionnelle et les collectivités locales avaient le cœur encore plus lourd quand elles devaient s’y résigner. Par ailleurs, nous avons accordé des aides aux investissements à 1 434 entreprises hongroises leur permettant d’éviter de licencier de la main d’œuvre. D’après les calculs que nous avons faits à cet égard, nous avons contribué par ce moyen à la conservation de 280 000 postes de travail et nous en avons nous-mêmes créé plusieurs dizaines de milliers. Il est important de mentionner, et je saisis cette occasion pour exprimer mes remerciements à Monsieur le Président, plus exactement au président de la Chambre pour avoir rendu plus souple le programme d’utilisation des cartes dites Széchenyi gérées par la S. a. KAVOSZ, nous y avons accordé des aides et nous y accorderons encore au cours de la période à venir, ce qui nous a permis d’aider beaucoup d’employeurs grâce à la carte Széchenyi. Nous avons même bombardé le marché en y lançant des crédits à taux bas, les entreprises en ont contracté la majeure partie. Je peux vous dire que – en dépit de la crise ou justement pour cette raison – d’importantes ressources ont afflué vers l’économie hongroise. Et pour dresser un bilan, je peux vous dire que plus de la moitié des ressources ont afflué vers l’économie, donc plus de la moitié sont venues secourir des microentreprises et des petites entreprises, c’est-à-dire des Hongrois en premier lieu. Pour un Premier ministre, il est difficile de faire le bilan d’un plan d’action de protection économique sans être accusé de parti pris politique. Il en est ainsi sans aucun doute, car en modestement que possible en choisissant un critère économique permettant d’apprécier en quelle mesure nous avons réussi à mener à bien la protection économique. À mon avis, en matière d’économie la chose la plus importante c’est le travail, car quand on trouve du travail on trouve tout ; et on trouve de l’emploi lorsqu’il y a des emplois à pourvoir. Et le fait qu’en décembre le nombre de personnes ayant du travail en Hongrie était égal au nombre de ceux qui avaient travaillé en Hongrie au mois de décembre 2020 prouve bien, à lui seul, que la défense a atteint l’objectif fixé, étant donné que l’objectif des mesures de protection était de sauvegarder les emplois. Cela revient à dire que maintenant, lorsque les vagues de la crise se sont apaisées, nous pouvons déclarer que le nombre de nos concitoyens qui ont un emploi dépasse à nouveau le chiffre de 4,5 millions, que ceux-ci gagnent leur vie, donnent du pain et prennent soin de leurs enfants en travaillant. Comme vous avez pu le voir ici tout à l’heure sur quelques diagrammes, nous pouvons même dire que nous avons réussi à conserver la place que nous avions conquise plus tôt dans la lutte contre le chômage et que la Hongrie a pu garder la place de choix qu’elle a acquise dans la compétition grâce à sa performance remarquable, c’est-à-dire qu’elle occupe toujours la troisième place parmi les pays ayant atteint le plus bas niveau de chômage au sein de l’Union européenne. Nous sommes un peu gênés d’être devancés par les Tchèques et nous nous efforçons de les rattraper en tout état de cause ; le fait d’être devancés par les Allemands ne nous est pas agréable non plus mais, en fin de compte, nous avons l’habitude d’être derrière eux à plus d’un égard ; bref, nous avons l’impression de nous livrer à une compétition régionale avec les Tchèques au sens noble du terme. Par ailleurs, le Premier ministre tchèque arrivera demain en visite chez nous, ce qui nous fournira une bonne occasion pour leur voler du savoir-faire, je veux dire par là : pour recevoir d’eux quelques bons tuyaux en vue d’améliorer notre politique de création d’emplois. Enfin bref, je peux vous dire que nous avons résisté à la très grande tentation de revenir à l’économie à base de secours en temps de crise. En effet, nombreux sont ceux qui pensent qu’en temps de crise il suffit de secourir. C’est peut-être là une pratique adéquate dans certains pays, dans certaines conditions.

À mon avis, la Hongrie n’est pas un tel pays. Ici, quand on se met à distribuer des aides, le niveau de l’emploi baisse rapidement. C’est là une particularité de l’économie nationale en Hongrie : lorsqu’il n’est pas clair pour les gens que le travail permet d’atteindre un niveau de vie plus élevé que la caisse de prévoyance, ils sont plutôt enclins à opter pour la caisse. L’économie hongroise en a souffert pas mal. Eh bien, c’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas revenus à l’économie des subventions en dépit de la crise et nous avons poursuivi notre chemin sur le sentier de l’économie du travail. Et je crois que c’était le bon choix car les données relatives à l’emploi que je viens de citer semblent prouver la même chose.

Mesdames, Messieurs,

Vous savez tous, car les orateurs précédents l’ont également mentionné que la réussite économique de la période à venir est liée à la date du redémarrage de l’économie ou, pour me servir d’un terme couramment utilisé par les gens, au moment de la réouverture, c’est-à-dire au moment de la levée des restrictions. Au début de l’été dernier, lorsque nous avons réussi à maîtriser la première vague, nous avons lancé une consultation nationale pour interroger nos concitoyens sur les mesures de gestion de crise que les Hongrois seraient prêts à soutenir. La, consultation nationale est l’un de nos principaux moyens politiques, l’une de nos armes politiques les plus importantes permettant d’affronter les défis. La consultation nationale permet de créer des points consensuels. Les livres écrits sur le pouvoir rempliraient toute une bibliothèque, le nombre des volumes rédigés sur ce sujet dépasse le millier. Dans l’acception que nous nous en faisons, détenir le pouvoir politique ne signifie rien d’autre que d’être capables d’agir ensemble, de nous convaincre les uns les autres de la nécessité d’agir ensemble. C’est l’interprétation que nous donnons au pouvoir dont la consultation nationale est l’un des meilleurs moyens. Il est clairement ressorti de la consultation nationale tenue l’été dernier que les gens qualifient certaines choses comme supportables et certaines autres comme insupportables. Ils ont qualifié comme supportable la fermeture des théâtres, des manifestations sportives, des salles de cinéma, des restaurants et des hôtels mais ils ont jugé insupportable la fermeture des crèches, des écoles et des lieux de travail. Pour cette raison, nous avons adopté une stratégie de confinement qui consistait à prendre des mesures désagréables mais pourtant supportables pour la population – telles sont par ailleurs les restrictions actuelles –, et nous avons maintenu l’ordre habituel des choses dans des domaines où les restrictions auraient été jugées insupportables par les gens. Nous n’avons pas fermé de lieux de travail, nous avons consenti à ce que les crèches et les écoles primaires restent ouvertes ; il est vrai que les lycées faisaient exception à cette règle mais là, nous avons pensé que les parents qui vont au travail et qui ont des enfants lycéens ne devraient pas forcément rester tout le temps à la maison pour les surveiller, que ce serait donc plutôt supportable pour eux.

Mesdames, Messieurs,

Il est important de dire que la Banque centrale a également participé à la lutte menée contre la crise économique et contre la crise. Je dois vous dire que le gouvernement et la Banque centrale ont coordonné entre eux la gestion de crise. Les faits sont là en guise de preuve : l’épargne de la population a continué à augmenter même pendant la crise. Le moratoire que nous avons introduit pour le remboursement des crédits après avoir consulté la Banque centrale était la mesure la plus étendue et la plus réussie en Europe, le volume des crédits contractés par la population a continué d’augmenter et nous avons même réussi à rester dans le peloton de tête concernant le taux d’investissement. Vous avez pu également voir des diagrammes à ce sujet tout à l’heure. Tout bien considéré, la gestion de crise en Hongrie était différente à plus d’un égard de ce qu’on a vu en Europe occidentale : notamment, elle n’était pas seulement caractérisée par l’alternance de périodes temporaires d’austérité et de périodes temporaires de relâchement mais aussi par le fait que nous avons abandonné notre mode de vie antérieur complètement libre pour adopter un mode de vie basé sur des restrictions élaboré ensemble conformément aux résultats de la consultation nationale. Voilà où nous sommes à l’heure actuelle. Et nous y persistons. Vous pouvez constater vous-même que certains pays opèrent un relâchement de temps à autre, alors les taux de contagion se mettent à monter, puis ils renouent avec la rigueur quand ils réussissent et ils n’y réussissent pas toujours et alors ça peut coûter la vie à des centaines de personnes. Différent de ce modèle, le système adopté par la Hongrie est basé sur la stabilité : nous l’avons introduit en novembre et il dure toujours, même aujourd’hui.
Une seule question nous tourmente pourtant : c’est pour quand l’ouverture, le retour à la normale ?

Eh bien, en parlant de l’économie je peux vous dire que les mesures de protection économique, en d’autres termes le plan d’action pour la protection de l’économie a pris fin le 1er janvier. Nous pouvons le considérer comme terminé car depuis le mois de janvier nous avons du vaccin en Hongrie, et c’est le vaccin qui nous protège le mieux contre cette pandémie et c’est la vaccination étendue qui ouvre la voie à une nouvelle période, à une nouvelle époque économique. Voilà donc la raison pour laquelle nous avons lancé notre plan d’action de relance économique. Quand est-ce que la vie elle-même pourra reprendre son cours habituel ? Vous savez vous-même que nous avons prolongé jusqu’au 1er mars les restrictions actuelles. Nous envisageons de lancer une consultation vers la mi-février, cette fois-ci nous ne pouvons pas nous y mettre en prenant notre temps comme c’était le cas l’été dernier, nous laisserons de côté la forme traditionnelle, nous allons plutôt lancer une consultation nationale en ligne, sur internet, sur la question de la levée des mesures de confinement : devra-t-on y procéder en une étape ou en plusieurs étapes ; petit à petit ou d’emblée ? – vous allez rencontrer les appels lancés à cet égard. Tout ce que je voudrais vous dire maintenant c’est que cette dispute, cette consultation est raisonnable puisque le vaccin est là, on ne manque pas de sujets de conversation. Car lorsqu’on a du vaccin, on peut vacciner, et quand on peut vacciner, on atteint l’immunité et quand on aura atteint l’immunité, on pourra faire redémarrer le pays.

Mesdames, Messieurs,

Je répète que la question du vaccin n’est pas une question politique pour le gouvernement. Avoir un chat noir ou un chat blanc nous est tout à fait indifférent, ce qui compte, c’est qu’il attrape la souris ou non. C’est la raison pour laquelle nous utilisons tant des vaccins venus de l’Ouest que des vaccins venus de l’Est : des vaccins russes, chinois, américains et même anglais.

Mesdames, Messieurs,

Cela étant dit, permettez-moi de dire maintenant quelques mots de l’attaque, c’est-à-dire du plan d’action de relance économique. La première étape a été lancée le 1er janvier et toutes les mesures entreront bel et bien en vigueur avant le 1er avril. Je vais vous les rappeler ; vous avez certainement entendu parler de celle que nous avons déjà lancées. Nous avons baissé à 5 pour cent le taux de TVA qui a frappé la construction de logements. Nous accorderons des crédits avantageux d’un montant de 6 millions de forints pour la rénovation d’appartements, dont 3 millions constituent une subvention à fonds perdu. Monsieur le Ministre des Finances était généreux : après avoir été longuement plongé dans ses calculs, il a finalement donné son consentement à ce programme. Par ailleurs, il ne sera pas facile d’en trouver la couverture dans le budget mais quand quelque chose n’est pas facile à faire, cela ne veut pas forcément dire qu’elle est impossible. Et nous attendons du ministre des Finances de résoudre ce problème. En matière de construction de logements neufs, nous espérons atteindre le nombre de vingt mille. Nous n’en serons pas contents pour autant car nous souhaitons revenir là où nous étions déjà autrefois lorsque l’industrie du bâtiment était capable de construire 40 mille appartements neufs par an. Nous nous sommes mis à rétablir progressivement le 13e mois de retraite ; crise ou pas, cela concerne près de 3 millions de personnes. Et nous avons annoncé que, à partir du 1er janvier 2022, les jeunes de moins de 25 ans seront dispensés du paiement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Je n’ai pas l’intention de m’y attarder plus longtemps car cela risquerait de prendre tout le temps qui m’est imparti. J’aimerais néanmoins vous faire comprendre le raisonnement du gouvernement au sujet des jeunes : il y a d’abord l’enfance qui dure grosso modo depuis la naissance jusqu’à l’âge de 14 ans, puis il y a le jeune âge qui dure de 14 à 18 ans et il y la catégorie des jeunes adultes qui sont âgés de 18 à 25 ans. Notre objectif c’est d’assurer aux jeunes Hongrois depuis leur naissance, en passant par l’âge du GYED (une sorte d’allocation de garde d’enfants à domicile, OFFI), finissant par la période d’exemption de paiement d’impôt sur le revenu pour les jeunes de moins de 25 ans, une première période de 25 ans de leur existence au bout de laquelle ils pourront dire qu’ils ont fait de bonnes études, qu’ils sont instruits, bien élevés, qu’ils comprennent leur avenir, qu’ils ont l’intention de profiter des occasions qui leur sont offertes et qu’à l’âge de 25 ans ils sont capables de voler de leurs propres ailes. Car l’idéal du gouvernement hongrois c’est d’avoir, à l’âge de 25 ans, de jeunes étant dans un état et ayant la force – et là, il est indifférent s’il s’agit d’étudiants ou d’ouvriers professionnels – leur permettant de passer du statut de jeunes adultes à l’état de personnes adultes chargées de famille et de voler de leurs propres ailes. En effet, ceux qui ne volent pas de leurs ailes ne peuvent pas entretenir une famille et pour cette raison ils ne deviendront jamais de vrais adultes. Nous avons l’intention de les aider à arriver le plus rapidement possible à ce stade. Il n’y a là aucune contrainte : lorsque quelqu’un souhaite rester plus longtemps au stade de vie et à l’état de jeune adulte, qu’il y reste. Ce qui n’empêchera pas pour autant le gouvernement d’accomplir ce dont il s’est chargé, c’est-à-dire d’aider, par tous les moyens qui lui sont propres, les jeunes à voler de leurs propres ailes.

Mesdames, Messieurs,

La décision que le gouvernement a prise hier au sujet de l’introduction d’un nouveau montage de crédit fait également partie de la première étape de notre plan d’action de relance économique. Monsieur le Président Parragh vient d’en parler. Eh bien, notre décision a été précédée par une consultation avec la Chambre de Commerce et d’Industrie. En grandes lignes, le montage consiste à accorder, pour une période de 10 ans, un crédit à taux zéro, d’un montant de 10 millions de forints, aux petites et moyennes entreprises manquant de capital initial qui leur permettrait de profiter des avantages de la relance économique. De toute évidence, nombreux sont celles qui se sont arrêtées net, surtout dans les secteurs en difficulté, et pour leur permettre de redémarrer, il ne suffit pas de lever les restrictions, il faudra également leur donner un coup de pouce. Ce crédit d’un montant de 10 millions de forints à un taux zéro pour une période de dix ans, assorti d’un moratoire de trois ans, ce qui fait qu’elles n’auront à commencer à rembourser que trois ans plus tard, peut représenter une aide pour les microentreprises. C’est comme ça que nous arriverons au 1er avril. Si nous parvenons à réaliser la consultation vers la mi-février, cela permettra de prendre des décisions soit le 1er mars, soit le 1er avril ou même le 3 avril, quand ce sera déjà à Pâques, notre vie sera plus sûre et plus libre que maintenant ; il suffira de se conduire en toute discipline et de respecter les règles d’ici là et nous ne nous laisserons pas nous faire dévier de notre comportement respectueux des lois sous la pression du mécontentement et des énergies qui auront tendance à se libérer.

La deuxième étape du plan d’action de relance économique commencera le 1er avril. Celle-ci sera centrée sur l’enseignement supérieur. Le Ministre des Finances a généralement la réputation d’appartenir aux ministres les plus prudents du gouvernement – et s’il en est ainsi, c’est une bonne chose – il parle donc d’un programme de développement de l’enseignement supérieur d’un montant de 1 500 milliards de forints et moi j’espère à cet égard que le montant n’en sera pas 1 500 mais avoisinera plutôt les 2 000 milliards de forints. Le moment venu vous pourrez en connaître les détails. Les facultés désireuses de se transformer pourront accomplir leur transformation respective avant le 1er avril. D’ici là, les incertitudes juridiques concernant la transformation pourront être éliminées, et les facultés se tiendront de pied ferme. Les nouveaux chefs pourront occuper leurs postes respectifs, bref, nous pouvons espérer qu’après le 1er avril l’immense somme d’argent que nous mettons à la disposition de l’enseignement supérieur sera utilisée de manière beaucoup plus efficace que ce qui a caractérisé les temps précédents.

És ha ezen túl vagyunk, akkor indul július 1-jétől a harmadik ütem. A harmadik ütem a nagy fejlesztéseknek az időszaka lesz; alapvetően zöldenergia, körforgásos gazdaság fölépítése, és a magyar gazdaság teljes digitalizálása, amire majd törekedni fogunk. Itt majd Önök láthatják azt a furcsa helyzetet, hogy Magyarország egyszerre lesz bizonyos kérdésekben erős ellenlábasa és legerősebb szövetségese az Európai Uniónak. Ugyanis a család hagyományos értékeinek védelme, amiből nem engedünk, és a migráció ügyében, amiben nem engedünk, ott erős ellenlábasai vagyunk az Európai Uniónak és Brüsszelnek és a brüsszeli bürokratáknak. Azonban ha zöld gazdaságról van szó, ha körforgásos gazdaságról van szó, ha digitalizálásról van szó, akkor mi vagyunk Brüsszel első számú szövetségese, a legszorosabb szövetségese, mert mi minden olyan intézkedést támogatni fogunk, és minden olyan forrást a kijelölt szempontok szerint fogunk fölhasználni, amelyek a zöldgazdaságot, a digitalizálást, egy új zöldenergia-rendszert és egy körforgásos gazdaság kiépítését hozzák majd magukkal. Fontos pontja lesz ennek a szakasznak az, hogy be fogjuk jelenteni a következő nyolc-tíz évre szóló agrár- és vidékfejlesztési stratégiánkat is, sőt meg is indítjuk ennek az első pályázatait és akcióit. Arra készülünk, hogy a magyar vidék legnagyobb fejlesztési tervét tudjuk majd a közvélemény elé tárni.

Et lorsque nous aurons accompli tout cela, la troisième étape débutera le 1er juillet. La troisième étape sera consacrée aux développements de grande envergure. Là, nos efforts tendront principalement à développer les énergies vertes, à mettre en place une économie circulaire et à accomplir la numérisation totale de l’économie hongroise. Vous pourrez assister à une situation bizarre, à savoir que la Hongrie sera, à propos de certaines questions, un fort opposant et en même temps l’allié le plus fort de l’Union européenne. Car nous ne cèderons pas d’un pouce concernant nos principes au sujet de la protection des valeurs traditionnelles de la famille, nous ne cèderons pas d’un pouce au sujet de nos positions concernant la migration : eh bien là, nous sommes fortement opposés à l’Union européenne, à Bruxelles et aux bureaucrates de Bruxelles.
En revanche, au sujet de l’économie verte, de l’économie circulaire et de la numérisation, alors là, nous sommes l’allié numéro un, l’allié le plus proche de Bruxelles, car nous soutiendrons toutes les mesures et nous emploierons toutes les ressources conformément aux points de vue fixés au service de la mise en place de l’économie verte, de la numérisation, du nouveau système d’énergies vertes et de l’économie circulaire. Il y aura encore un point important au cours de cette étape lorsque nous annoncerons notre stratégie de développement agricole et rural pour les huit à dix ans à venir ; nous lancerons également les premières soumissions et les premières actions à cet égard. Nous envisageons d’informer l’opinion publique du plus grand projet de développement des régions rurales en Hongrie.

Mesdames, Messieurs,

Cela à propos du plan d’action de relance économique. Par ailleurs, il y a encore quelques questions qui ont été mentionnées en partie par ceux qui ont pris la parole avant moi ou qui sont souvent soulevé en public ou par le public même indépendamment des orateurs précédents, j’aimerais donc faire quelques remarques à leur sujet. Certes, nous n’accueillons pas forcément avec une confiance absolue les statistiques de l’ONU en matière d’économie, mais elles représentent tout de même un niveau qui permet de les prendre au sérieux ; eh bien, je dois dire que selon les statistiques de l’ONU les investissements ont fait un recul de 42 pour cent au cours de l’année dernière à l’échelle mondiale, alors qu’ils ont augmenté de 140 pour cent en Hongrie. Il est très important de comprendre qu’une nouvelle époque d’économie mondiale vient de commencer au début de cette année, c’est-à-dire après la pandémie. Ce qui se passe maintenant, c’est qu’on ne remet pas automatiquement en marche les usines fermées dans le monde, mais on cherche de nouveaux sites pour délocaliser les usines fermées. Des usines seront rouvertes là où elles ont des chances pour devenir aussi compétitives que possible, indépendamment des endroits où elles ont été fermées. C’est la raison pour laquelle la Hongrie devra s’inscrire à cette compétition. C’est également la raison pour laquelle la gestion de crise économique par la Hongrie a été conçue sous l’égide de l’inscription du pays à la compétition mondiale, ce qui revient à dire que nous prenons part à la course menée pour faire venir en Hongrie des investissements étrangers. Je dois vous dire que nous nous y sommes inscrits en présentant un programme robuste d’encouragement des investissements. C’est justement à cet égard que le raisonnement de droite et celui de gauche diffèrent le plus l’un de l’autre en matière de politique économique : nous soutenons des investissements et des lieux de travail même quand il s’agit d’une crise ; alors que la réflexion de la gauche, y compris les économistes de gauche, reste toujours à l’intérieur du triangle de l’augmentation des impôts, de l’accroissement de la redistribution étatique et la distribution d’aides, tandis que nous raisonnons à l’extérieur.

Mesdames, Messieurs,

Lorsque nous parlons de l’économie hongroise, il faut également parler de notre place dans le monde. La masse de données dont je vais vous informer est symbolique : elle indique bien la place que la politique économique a assignée à la Hongrie dans l’économie mondiale. Au cours des dernières années, les investissements de grande envergure – sur le plan quantitatif – étaient originaires, pour la plupart, de l’Allemagne. Néanmoins, c’étaient les sociétés chinoises desquelles venait le volume d’investissements le plus important et c’étaient les entreprises américaines qui ont créé le plus grand nombre d’emplois au cours des dix-huit à vingt-quatre derniers mois. Ce fait montre bien les efforts faits par l’économie hongroise pour se maintenir en équilibre et pour trouver appui dans l’espace économique mondial. À titre de curiosité, je tiens à vous dire qu’en 2019, le plus grand nombre d’investissements sont arrivés de Corée et, en 2020, de Chine. Et vous avez certainement vu ce qu’a annoncé il y a quelques jours Monsieur le ministre Péter Szijjártó : il s’agit de l’investissement neuf le plus important de l’histoire de l’économie hongroise, d’une valeur de 681 milliards de forints, qui vient également de Corée.
Tant que nous y sommes, j’aimerais faire encore une remarque au sujet de l’industrie automobile et de la fabrication de véhicules. Des critiques sont souvent adressées à l’économie hongroise : ou lui reproche de maintenir des liens trop étroits avec l’industrie automobile. Il est vrai que nous faisons des efforts pour diversifier, mais il est incontestable que l’industrie automobile est d’une importance décisive pour l’économie hongroise. Néanmoins, un changement important s’est opéré à cet égard au cours des deux à trois dernières années et cette transformation était essentiellement pilotée par Péter Szijjártó et son ministère. En effet, nous avons pris distance avec l’industrie automobile traditionnelle, et la Hongrie fait désormais des efforts pour redorer son blason dans le domaine de la fabrication d’une nouvelle génération d’automobiles : bref, lors du passage de la traction traditionnelle des automobiles à la traction électrique, nous avons l’intention de garder nos positions régionales importantes. Par ailleurs, nous y avons réussi jusqu’ici. Nous espérons que l’investissement qu’effectue la firme BMW à Debrecen représentera une étape importante de cette transformation. Quant à nos exportations, vous connaissez exactement la taille de la Hongrie, vous savez bien que si nous ne pouvions pas participer à l’économie mondiale, notre niveau de vie et nos performances économiques seraient plusieurs fois moins élevés que ce que nous connaissons à l’heure actuelle. Il en découle que tout isolement, toute tentative de rupture avec le tissu de l’économie mondiale sont contraires aux intérêts des Hongrois et de l’économie hongroise. Nous devons participer à l’économie mondiale, nous devons exporter, car c’est ce qui nous permet de produire plus d’argent, de créer plus de revenus. Par ailleurs, l’année dernière, la valeur des exportations hongroises a atteint la somme de 100 milliards d’euros, ce qui a valu au pays la 34e place parmi les pays exportateurs importants dans le monde. Et cela sans exportation de matières premières car, à cause de ce qui s’est passé il y a cent ans, nous n’avons pas de matières premières du tout. Quant au nombre d’habitants, la Hongrie occupe la 94e place dans le monde, alors que concernant les exportations, elle est classée 34e, comme je le disais tout à l’heure, c’est là une performance fantastique de la part de l’industrie hongroise. Monsieur le Ministre des Finances a fait une remarque en faisant allusion aux données relatives à la croissance économique en 2020 quelle sera la récession dans tel ou tel pays. Nous ne possédons pas encore les données définitives, car de nombreux pays ne publieront même pas de données préalables avant le 16 février. Pourtant une bonne dizaine de pays l’ont déjà fait. Des statistiques sont même préparées en Hongrie à cet égard. En commentant ce que disait Monsieur le Ministre des Finances, j’ai l’impression qu’en 2020 le taux de récession de la croissance économique hongroise sera de 5 à 6 pour cent. Et moi, je pense qu’il risque d’être plus près de 5 que de 6 pour cent et que nous allons occuper une belle place au classement européen. D’après les données préalables, je vois bien que notre rechute sera moins importante que celle de la France, de l’Italie, de l’Espagne et même de l’Autriche, ce qui revient à dire que relativement nous occuperons une meilleure position. Nous pourrons peut-être même rattraper les Tchèques.

Il y a encore une question qui m’est souvent posée ou quelque chose que les acteurs de la vie économique me reprochent régulièrement : lorsque nous parlons de l’économie hongroise, ils aimeraient savoir de quelle économie hongroise on parle ? De l’économie hongroise ou de ce qui en fait partie de la propriété des Hongrois, de ce qui appartient aux entreprises hongroises ? Nous deux, je veux dire Monsieur le Ministre des Finances et moi-même, nous portons une attention soutenue aux conséquences de la politique économique hongroise, plus exactement à l’évolution de la quote-part de la propriété hongroise dans notre propre économie. Vous vous souvenez peut-être qu’en 2010 nous avons désigné quatre secteurs considérés comme stratégiques du point de vue de l’économie nationale dans lesquels la part de la propriété hongroise devrait, en tout état de cause, dépasser les 50 pour cent. Tel était notamment le secteur énergétique où la proportion de la propriété hongroise était de 29 pour cent, alors que maintenant elle en est à 59 pour cent, nous avons donc atteint notre objectif. Tel était par ailleurs le secteur bancaire où en 2010 la participation hongroise a représenté 40 pour cent, alors que maintenant nous en sommes à 57 pour cent. Et tel était le monde des médias et des branches d’industrie liées où nous sommes partis de 34 pour cent et à l’heure actuelle nous en détenons 55 pour cent. Nous avons réussi dans trois secteurs. Il y avait encore un quatrième objectif que nous avons appelé autres commerces de détail spécialisés divers. En particulier parce que nous avons l’impression que la performance remarquable de l’agriculture et de l’industrie alimentaire hongroises ne dépend pas que d’elles-mêmes, ni du savoir-faire dont elles disposent pour produire si elles sont efficaces ou non, mais elle dépend aussi des prix de vente qu’elles peuvent fixer pour leurs produits ou du prix que les commerçants sont disposés à leur payer. C’est donc la raison pour laquelle nous avons pensé que dans le commerce de détail la propriété devrait passer en majorité aux mains des Hongrois. Là, nous n’avons pu effectuer aucune percée : nous en sommes restés actuellement au même niveau, sinon à un niveau encore moins élevé. Nous nous cassons tous la tête, y compris Monsieur le Ministre des Finances et même le ministre de l’Agriculture pour trouver un moyen de s’en sortir. Il y a des secteurs que nous souhaitons changer au cours des dix ans à venir. À la fin de mon discours je vais revenir à la proposition faite par Monsieur Parragh pour voir si l’on va conclure u accord ou non, si l’on va signer un arrangement ou non, et si oui, à quels sujets. Si s’on signe un tel accord, et je vous dis tout de suite que je suis prêt à soutenir un tel acte, celui-ci devra s’étendre aux secteurs de l’économie où nous souhaitons obtenir un changement important sur le plan de la propriété au bénéfice des Hongrois, où nous avons l’intention de dépasser le seuil de 50 pour cent. Tels sont à mon avis le secteur de l’information et de la communication, tel pourra être l’industrie du bâtiment et tel pourra même être la fabrication de véhicules ferroviaires à voie fixe, n’est-ce-pas, puisque nous sommes déjà le pays des usines Ganz-MÁVAG. Et il se peut bien que nous ne devrons pas nous nous contenter de trois secteurs seulement : nous pourrons encore en désigner d’autres à l’issue des négociations.

Mesdames, Messieurs,

Pour terminer, voyons de quoi dépend le succès de l’économie hongroise. Dans le cadre de cette réunion de début d’année, nous avons l’habitude de raconter ce qui s’est passé l’année dernière et d’annoncer ce qui se passera cette année. Néanmoins, il vaut peut-être la peine de poser la question d’une importance pratique : de quoi dépend la réussite de l’économie hongroise ? Tous les préopinants, tant Monsieur le Président Parragh que Monsieur le Ministre des Finances Mihály Varga, sont des spécialistes de politique économique. Alors que moi, je ne suis qu’un premier ministre, et moi qui regarde le monde sous une optique différente, je partirai donc d’un point de vue différent pour répondre à cette question. À mon avis, le succès de l’économie hongroise dépend de trois facteurs. La réussite de l’économie hongroise est liée à l’excellence et à la qualité de trois catégories. La première, c’est la qualité de nos ouvriers. La deuxième, c’est la qualité de nos entrepreneurs, alors que la troisième, c’est celle de nos spécialistes de politique économique.

Et lorsque de là nous jetons un coup d’œil à l’année prochaine et à nos espoirs, pour dire de nos ouvriers qu’ils représentent une grande qualité, ceux-ci ont en général à répondre à trois critères – pour plus de commodité, j’utilise ici le terme d’ouvriers – : ils doivent être ponctuels, vifs d’esprit et ils doivent même avoir une conscience de soi. La conscience de soi demande peut-être une explication, mais je pense qu’il est important de préciser que la conscience de soi des ouvriers et des employés d’un pays détermine la tenue, la conscience de soi du pays tout entier ; lorsque les travailleurs, les ouvriers se tiennent droit, les habitants de tout le pays se tiendront tout droit. Mais lorsqu’ils courbent l’échine, ou quand ils font des courbettes – Dieu m’en garde –, le comportement de tous les habitants du pays deviendra servile et béni-oui-oui. À l’heure actuelle le gouvernement du pays n’est pas de ce genre et la raison pour laquelle nous n’avons pas un gouvernement de ce genre c’est que les gens qui nous soutiennent se tiennent droit et sont d’une bonne qualité. Je dois vous dire que ce n’est pas là une simple opinion politique car elle est également confirmée par les faits. La preuve, c’est que les ouvriers hongrois ont des postes ici, en Hongrie, dans des usines passant pour être ultra-modernes à l’échelle mondiale. Ils ne travaillent pas dans de vieux ateliers délabrés, mais dans les usines les plus modernes du monde entier équipées de la technologie la plus moderne qui existe, et les investisseurs ne reviennent pas chez nous simplement pour y trouver une environnement fiscal favorable ce qui est par ailleurs une chose importante, mais parce que les ouvriers hongrois sont bons. C’est la raison pour laquelle nous avons actuellement un gouvernement national. Si les gens ne réfléchissaient pas de cette manière, si les ouvriers ne réfléchissaient par de cette façon, la Hongrie aurait un gouvernement internationaliste, mondialiste, de type Soros. Quand je me concentre sur le côté personnel et non pas sur le côté national de la conscience de soi, je dois dire que la conscience de soi personnelle pour laquelle on utilise en hongrois une expression très proche de l’estime de soi, est dans un assez bon état, car quand je me déplace n’importe où dans le pays et que je rencontre au hasard un ouvrier ou un employé, celui-ci me révèlera tôt ou tard où et comment il fera poursuivre des études scolaires à son enfant. Et ceux qui se soucient du niveau d’instruction de sa progéniture ne manquent pas d’estime de soi. Pour me résumer, je dois dire que la condition numéro un de la réussite de la politique économique hongroise, c’est-à-dire le fait d’avoir de bons ouvrier en Hongrie, est donné d’emblée.

La deuxième question concerne la qualité des entrepreneurs. Je ne suis pas habilité à dire une opinion à ce sujet, cela fait partie des attributions de la Chambre de commerce. C’est elle, je veux dire la Chambre de commerce qui dispose d’un système de qualification qui lui fournit des renseignements permettant d’évaluer les entrepreneurs hongrois. Tout ce que je peux vous dire à cet égard, c’est que, à mon avis, les entrepreneurs hongrois doivent avoir trois qualités. La première, c’est d’avoir un esprit d’initiative. En plus, ils doivent être résistants aux chocs et être des Hongrois. J’entends par résistance aux chocs qu’ils doivent savoir se relever après avoir échoué et tout recommencer. Être Hongrois, cela veut dire dans mon interprétation que lorsque tout va bien pour eux, ils doivent être capables de se montrer généreux vis-à-vis de leur patrie ; soutenir la culture, l’Église, le sport, les initiatives locales, leur ville ou leur village. Mais il ne m’appartient pas d’en faire le bilan : cela fait plutôt partie des attributions de la Chambre de commerce.

Et, pour conclure, je dois dire que pour mettre en place une économie performante, il faut avoir des spécialistes de politique économique. Nous avons l’habitude d’exiger trois qualités de nos spécialistes de politique économique, à savoir d’être courageux, d’être prévisibles et d’être de bons joueurs d’équipe. Le tandem qui mène le jeu en matière d’économie hongroise, c’est-à-dire Monsieur Mihály Varga, Ministre des Finances et Monsieur László Palkovics, Ministre de l’Innovation nationale et de la Technologie, est composé de deux excellents spécialistes reconnus même sur le plan international qui font partie des meilleurs représentants de leur métier au cours de la dernière décennie. Ils sont assistés au gouvernement par Péter Szíjjártó et par Andrea Mager ; on peut les appeler des auxiliaires parce qu’ils ont même d’autres attributions en dehors de l’économie. Ils sont bons, même très bons, comme cela ressort des chiffres que l’on vient de citer. Et il y a encore une sous-catégorie de spécialistes de politique économique, c’est une qualification à part : je parle de la banque d’émission et de son président.
Un pays peut généralement exiger de la banque d’émission d’avoir un président possédant des qualités intellectuelles extraordinaires et être en même temps un chef intelligent, car c’est dans la Banque d’émission que l’on peut découvrir les nouveaux horizons des mutations survenus sur le plan de l’économie mondiale et l’apparition de nouvelles époques. Je pense donc que là encore, nous n’avons pas à nous plaindre, le président de la banque d’émission a un esprit d’initiative très avancé, tant et si bien qu’il était justement lui-même l’initiateur de la plupart des innovations en matière de politique économique au cours des dernières décennies.

Pour résumer mon propos, je dois dire que s’il est vrai que l’on ne manque pas d’ouvriers de bonne qualité, ni d’entrepreneurs de bonne qualité et que l’on dispose également de spécialistes de bonne qualité en matière de politique économique, il n’y a qu’une chose qui manque : lorsque la constellation des trois conditions sera réalisée, c’est de veiller à ce que le premier ministre ne la gâche pas. Quand le premier ministre ne gâchera-t-il pas une telle constellation si favorable ? Eh bien, quand il écoute ce que disent les gens qui sont plus intelligents que lui. Nous sommes venus aujourd’hui pour entendre raison, pour entendre ceux qui sont plus intelligents que nous. En matière d’économie, écoutons les conseils de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Hongrie. Pour cette raison, je suis particulièrement reconnaissant à monsieur le président pour avoir soulevé la question de la coopération. Il est peut-être conforme aux règles de bienséance, n’est-ce pas, László, de rappeler que la coopération de la Chambre de commerce et du gouvernement n’était pas sans antécédents, étant donné que parmi les acteurs de la vie économique, il y avait Sándor Demján, quelqu’un qui avait toujours l’intention de tenir à distance la politique de l’économie, qui l’avait préparé. Dieu ait son âme ! Souvenons-nous que lorsque, en 2008-2009, l’économie était en détresse, c’était Monsieur le Président Sándor Demján disait qu’une mutation radicale s’impose et il a signé, au nom des acteurs de la vie économique, un accord avec nous, avec moi, ce qui a préparé la coopération qui a été mise en place plus tard entre la Chambre de commerce et le gouvernement. Je suis prêt, Monsieur le Président, à signer, dans l’intérêt de la croissance économique au cours de la décennie à venir, un accord de coopération entre le gouvernement et la Chambre de commerce qui s’étend à toutes les questions importantes et qui donne des garanties au monde des entrepreneurs en ce sens que la Hongrie poursuivra sa politique économique qui s’est avérée efficace.
Je vous remercie de m’avoir invité. Merci encore de m’avoir accueilli.